Cette course à la minute me questionne. Je vais régulièrement à Paris, pas toutes les semaines, mais souvent. C'est vrai 40 minutes de moins ce serait sympa. Mais
Est-ce bien nécessaire ? Est-ce que cela va améliorer mon business ?
Sincèrement, non. Gagner une heure sur une journée de déplacement n'est pas crucial. Surtout quand quoiqu'il arrive je pars très tôt et je rentre très tard. C'est plus confortable, mais je ne ferais pas plus de chose dans ma journée. A la limite je préférerais un ou deux train de plus par jour. Ou un direct La Rochelle Lille ou La Rochelle Strasbourg. Parce que j'ai beau rouler vite, quand j'attend 30 minutes à Poitiers je ne travaille pas. Tandis que les 40 minutes passées dans le TGV ne sont pas perdues.
---> Gagner 40 minutes sur 3h n'est pas un atout économique
Est-ce que je représente la majorité de la population et donc des déplacements ?
Pas du tout, mais vraiment pas du tout. Les millions engagés ici seraient bien plus efficaces dans des plan de réduction des déplacement en voiture solo pour les petites communes, ou dans une densification des transports collectifs sur la région. Il seraient bénéfiques d'un point de vue écologique, mais aussi économique car on pourrait tous vendre une de nos deux voitures.
Mon article de la semaine dernière sur le radiateur de ma salle de bain a été une révélation. JE DOIS VENDRE MA VOITURE !
Pourquoi?
Parce j'ai beau me coucher chaque soir en me disant "Demain je prend les transports en commun, ou le vélo", en ce moment, je finis souvent en voiture. Parce qu'il fait froid, parce que je me lève tard et que le bus est parti, parce que je dois faire une course… bref, la seule VRAIE raison c'est "parce qu'elle est là !". Et c'est vrai que chaque matin, tant que ma voiture est dans le garage, c'est moins cher de la prendre que de prendre le bus. En effet, ce n'est pas les 10km d'aujourd'hui qui vont augmenter mon budget voiture de 2euros…. Il y a tellement de frais fixes sur une voiture….
Pourtant, j'ai essayé d'estimer combien de jour par an aurais-je vraiment besoin d'une seconde voiture. En considérant que je peux prendre le taxi de temps en temps, j'ai constaté que la seule raison pour laquelle j'avais besoin d'une voiture, c'était les déplacements professionnels.
D'un autre coté, j'ai constaté que du point de vue de ma boite, prendre le train ou louer une voiture revient carrément moins cher que de payer des frais kilométriques.
Ainsi, alors que nous étions dans une dynamique "essayons de nous passer de la voiture, et si on y arrive, on la vendra". Nous venons de passer dans une dynamique "vendons la voiture et si c'est vraiment la crise, on en rachètera une".
Ce déclic coïncide avec une période ou nous avons par ailleurs décidé de vivre plus simplement.
Voici les avantages que nous avons perçu pour ce choix.
1 - les économies.
Entre le carburant, les réparations, l'achat, l'assurance, le contrôle technique etc… Pour nous, c'est tout vu ! J'ai même simulé plusieurs jours de location de voiture, on atteignait les frais d'entretien et l'assurance.
2 - La confrontation au prix du transport à chaque fois.
Au début on se disait "si il faut on prendra parfois le taxi pour aller chez le coiffeur" puis on s'est dit "en fait, le fait même d'être confronté au cout du transport, nous aidera à nous organiser.
3 - ça fera de la place.
Il y a quelques semaines, nous avons prêté une de nos deux voitures. En sortant de la maison on se disait "ça fait de la place ! ". Le panneau de basket était enfin libéré...
4 - L'écologie bien sûr, l'économie nous a décidé, mais c'est bien l'écologie qui est à l'origine de la réflexion.
Nous avons néanmoins décidé de garder la plus grosse des deux qui est aussi la plus polluante... Exit la C4 récente et économe, on garde le vieux Combi Volkswagen aménagé...

A suivre
Croissance des émissions internationales de l’aviation (entre 1996 et 2006 – en Millions de T de GES):
- France = de 9T à 17T (+92%)
- UE à 27 = de 66T à 131T (+98%)
Croissance des émissions internationales du maritime (Ibid) :
- France = 8T à 9T (+15%)
- UE à 27 = 110T à 174T (+ 58%)
Croissance des émissions de la route (passagers et fret) :
- France = 112T à 130T (+16%)
- UE27 = 715 à 924 (+29%)
Source http://www.eea.europa.eu/publications/transport-at-a-crossroads via le réseau France Nature Environnement.
Sous ma casquette France Nature Environnement, j'ai participé à un interview pour les radios locales des Deux-Sèvres au sujet de la mobilité.
C'est assez long, 30 minutes, mais si ça se trouve, ça vous intéressera.
C'est ici.
Je suis actuellement au congrès des villes et territoires cyclables et je viens d'essayer le Cyclo Cable de Poma. En gros un tire fesse spécial vélo, un pousse pied quoi.
Intéressant comme truc, l'installation est très légère car il ne s'agit que d'une tranché de 30 cm le long de la route. La sécurité est bien gérée, le Cyclo Cable se replie si il n'y a pas de vélo ou si l'on chute etc... Il y a pas mal d'autres vidéos ici
Ce système pourrait s'avérer très utile, par exemple pour remplir à nouveau les stations de vélib situées sur les hauteurs de Paris.
Un seul hic à court terme : Je n'ai qu'à moitié réussi à m'en servir au premier coup. Si le cyclocable veut éviter le syndrome du super tapis roulant de la gare montparnasse, il faudra qu'il trouve autre chose que de diffuser une bande son en boucle qui dit "gardez la jambe tendue, gardez la jambe tendue, gardez la jambe tendue..."
cet article a été rédigé sur Ecolo Info
Cela fait bientôt un an que je me dis qu'il faut que je laisse ma voiture au garage. Tout avait bien commencé en février 2008 quand j'ai décidé de coupler train + vélo pour me rendre au travail. Puis l'arrivée de mon premier enfant... les horaires de trains ne collaient plus et je n'avais pas pris le temps de m'organiser pour qu'elles collent.
Depuis 3 semaines, j'y suis ! J'ai diminué par 3 mes transports motorisés par l'intermédiaire de deux actions concrètes:
1 - J'ai réaménagé mon bureau, une table plus grande, un deuxième écran de 22 pouces, une chaise de qualité. Résultat, je travaille mieux qu'avant et je m'endors moins sur mon ordi quand je suis à la maison : je vais au bureau un jour sur deux en moyenne.
2 - Je prends mon vélo de bout en bout. Il faut dire j'ai un peu les conditions idéales.... 7 km dont 4 de front de mer et 6 de pistes cyclables.... Par ailleurs en cas de grosse pluie, le train peut toujours me ramener à la maison.
Si je vous dis tout cela, c'est pas pour crâner... En fait je le crie sur tous les toits comme un mec qui vient d'arrêter de fumer, avec un mélange de fierté et de détermination. Le fait de le dire m'engage à persister.

Le vélo "Bettina" fabriqué à partir de récup' par Elvire
Premier bilan après trois semaines donc :
1 - Oui, j'arrive trempé au bureau, dégoulinant même. Faut dire je roule bien, je ne pousse pas à fond, mais ce n'est pas de la ballade. Pour l'instant pas de douche au bureau. Je me dis que je vais peut être prévoir un second T-shirt pour l'arrivée...
2 - De la chaise de la cuisine à la chaise du bureau, je mets 25 minutes contre 15 minutes pour la voiture. Autant dire que niveau temps l'impact est assez faible.
3 - Je reste moins longtemps sous la douche ? Comment ça il dit qu'il voit pas le rapport ? (nldr j'ai toujours mon genou). Et bien le matin je passais toujours 20 min sous la douche, pour préparer ma journée, me remettre de ma nuit etc... La perspective de ce temps de solitude sportive me donne un certain dynamisme, j'ai envie de me faire ma petite ballade, donc je traîne moins. Et surtout, maintenant, ma journée je la prépare sur mon vélo.
4 - J'ai la patate! Quand j'arrive au bureau j'ai déjà 20 minutes de vélo à mon actif, je n'ai plus besoin de café pour me réveiller, je suis d'attaque bien plus rapidement. La différence est flagrante avec les jours ou je prends la voiture (si il pleut ou si j'ai un autre impératif dans ma journée).

Ce qu'il me reste à organiser / mes questions
1 - M'équiper pour la pluie. Pour l'instant je me la joue facile, si il pleut, je prends la voiture. L'idée est de profiter des bons côtés pour commencer.
2 - Parfois je pense au vélo électrique, mais je me dis que c'est assez cher et lourd pour un gain pas forcément énorme (je prends pas mal de chemins). Mais ça pourrait me permettre de ne pas arriver tremper.
3 - Installer en permanence le porte vélo sur mon van. Ainsi même si je prends la voiture, je peux faire les micro déplacements en vélo. Plus pratique et plus sympa, vivement le nouveau modèle de Absolute Car.
Rendez-vous cet automne pour voir si je tiens le coup !
Cet article a été rédigé pour EcoloInfo.
En Europe, le transport de personnes représente environ 15% de la dépense énergétique et 12% des émissions de Co2, pas étonnant qu'il soit au coeur de tous les agenda 21, entreprises et collectivités confondues.
On imagine des choses fantastiques! On redessine les réseaux de transport en commun pour mieux coller aux besoins des populations, on met des vélos ou des voitures à dispositions des salariés, on développe des services de covoiturage. On réfléchit même à la multimodalité parfaite entre tous ses services!
Et quand on rêve.... on voit le tout avec un service express, 24/7, grâce au téléphone mobile dernière génération et au fonctionnalité de GPS intégré.
On en rêve, et je vous assure qu'on va le faire ! Les bus et les voitures seront tous 100% remplis !
Le grand absent des politiques de transports reste l'immobilité.
Pas l'immobilisme synonyme de conservatisme, de refus du changement, mais l'immobilité synonyme d'énergie consacrée à faire autre chose que se déplacer.
Un conseiller de Climat Mundi m'a récemment indiqué que d'après son estimation l'activité professionnelle des 7 membres d'Ecolutis avait un impact inférieur à la moyenne nationale d'une personne travaillant dans une société de service...
Quand un prospect ou un client me demande de venir le voir, j'essaie toujours de lui expliquer pourquoi je n'ai pas envie, et je le fais en ces termes.- Un déplacement, c'est de la fatigue.
- Un déplacement, c'est de l'argent.
- Un déplacement c'est un impact écologique important.
- Un déplacement c'est du temps en moins à travailler sur son projet.
Bien sûr tout le monde n'est pas toujours très réceptif et il m'arrive de me déplacer quand même. Un jour, j'ai même pris l'avion... si si ! Mais dans 80% des cas mes interlocuteurs comprennent et reçoivent l'argument. Il nous est ainsi arrivé de traiter un dossier du début à la fin, négociation comprise, sans jamais rencontrer physiquement nos interlocuteurs. Il s'agissait pourtant d'une équipe importante au sein d'un grand groupe multinational.
La communication est-elle moins bien passée? pas du tout. Les relations sont elles moins cordiales ? Aucunement. Le travail est-il moins bien fait, certainement pas.
Et qu'en est-il du quotidien au sein de notre entreprise?
Ceux qui habitent près du bureau viennent au bureau et les autres travaillent de chez eux quand ils le souhaitent. Je pense que nous sommes tous très content de cette situation.
- En mode télétravail, les 10 minutes passées à repasser sa chemise pour qu'elle soit nickel, se transforme en temps perso en famille.
- En mode télétravail, les 30 minutes passées dans les transports le matin, se transforme en lecture de mail et veille technologique en buvant son deuxième café bien chaud.
- En mode télétravail on est jamais déprimé à la vision de son collègue du 5ème qui nous saoule à la machine à café et qui se fout de nous car notre chemise est mal repassée.
- En mode télétravail la pause déjeuner de 30 minutes dont 20 passées à descendre acheter un sandwich en plastique se transforme en une belle salade, ou en un plat mijoté restant de la veille ET d'une sieste express de 10 minutes. Vous savez celle dont tout le monde rêve en s'imaginant convaincre son boss d'installer une salle de relaxation dans les bureaux ?
- En mode télétravail, quand les neurones sont à plat, on se sent pas obligé de faire des heures pour rien. Le deal avec le patron c'est que le travail soit fait dans les temps.
Office Pod - Un bureau dans son jardin
Et du coté du chef d'entreprise ?
- En mode télétravail, il y a plein d'avantages pour le salarié et donc c'est plaisir.
- En mode télétravail, on a moins de locaux et ça compte.
- En mode télétravail, les réunions physiques servent à discuter de sujet de fond: l'organisation, la stratégie, l'avenir. Ou à se détendre. Bref, quand on se voit, on se fédère!
- En mode télétravail, on ne me dit pas: "désolé demain j'arriverai tard, je me fais livrer ma télé par Darty entre 8h et 14h...."
- En mode télétravail on ne se demande plus si notre équipe bosse en passant devant les bureaux. On fait des points réguliers pour savoir ou on en est et comment ça avance.
En Finlande, 50% des entreprises pratiquent le télétravail. En France, ça commence à bouger avec un projet de loi en cours.
Mais on dirait qu'il y a encore du chemin à faire (à pied s'il vous plait...) Dans un récent numéro du magazine courrier cadre, un article était consacré à l'aménagement du temps de travail. Les consultants en coaching stratégique pluridisciplinaire (ndlr non, ce n'est pas leur vrai nom) y écrivait un truc du genre "attention si vous arrivez tôt votre équipe pourrait croire que vous lui mettez la pression". Ou encore un gars disait "Je bossais de 6h à 14h c'était le deal avec mon chef, mais la RH n'était pas au courant et m'a demandé si j'étais embauché à mi-temps lors de mon entretien annuel".
Attention donc à ne pas abuser indiquait le journaliste !
Pourtant il suffit de lever un peu le nez pour se rendre compte que les exemples cités sont dus à des problèmes de communication et non à des problèmes d'aménagement d'horaires....
Etre 100% business tout en étant 100% campagne, c'est d'ailleurs le thème favoris de Xavier de Mazenod qui édite le blog Zevillage.net et qui a réussi à rédynamiser des bourgs en y faisant venir des télétravailleurs....
Et ça fait aussi des heureux....
Et voici le dernier reportage Mativi auquel j'ai participé. Il présente le remplacement des bus de mer de La Rochelle qui effectuent la liaison le vieux port <--> Les Minimes par deux navires, Copernic et Galilée, 100% solaires. C'est une première !
Pour voir les autres reportages Mativi :
J'arrète ma construction écologique
Interview du Pr Seralini
La mer n'est pas une poubelle
Le futur c'est l'ecomobilité
Ride To Work from Nicolas Lambert on Vimeo.













