un petit post inspiré par SoAnn
Je suis toujours mort de rire quand j'entend la télé me dire si j'ai ou non le moral.
L'afp m'indique même que je n'ai jamais été aussi déprimé depuis 20 ans ! Pinaize !
il y a 20 ans... ah oui je me souviens, ça devait être lors du début des grandes vacances en 88. A tous les coups j'étais stressé de passer en sixième l'année d'après... Les grands allaient certainement venir m'embeter dans la cours en me traitant de nabot. Le stress, je ne vous raconte pas... !
Alors, en plus il parrait que quand je n'ai pas le moral je ne consomme pas. Si c'est vrai pour moi, je dois dire que du coté de mon amoureuse, rien de tel qu'une petite baisse de moral pour la faire filer dans les magasins !
Cela me rappelle une intervention à l'IEQT de Rochefort. Nous étions 3 entrepreneurs (Régis, Pierre-Emmanuel et moi-même) qui devions parler de la réalité du développement durable dans les petites entreprises. La table ronde avant nous n'avait parlé que de normes, 14001, sécurité etc... La conclusion était "bon et puis, l'entreprise est là pour gagner de l'argent et rien d'autres".
Nous étions arrivés en mettant les 2 pieds dans le plat : "Bonjour, en fait, nous on pense que l'argent est le carburant de l'entreprise*. Quand vous allez de Paris à Lyon, vous avez besoin de gasoil, mais vous n'allez pas à Lyon pour chercher du gasoil. L'argent est indispensable et bénéfique, mais l'entreprise est là pour remplir une mission. Si l'entreprise manque d'argent, elle meure très vite, mais si elle néglige sa mission et son équipage, elle meurent à petit feu, mais elle meurent tout autant".
Réponse de l'auditoir forcément assez tranchée... mi applaudissement, mi silence consterné....
30 minutes après j'ose un truc du genre. "Je vous pris de m'excuser, mais vous mesurez le bien être d'une société avec un indice économique. Indice qui en plus est tout à fait discutable puisque la destruction d'une maison dans un incendie crée pour vous de la richesse. Je crois en effet que nos investissements ont pour vocation de nous rendre plus riche. Mais par riche je n'entend pas forcément avoir plus d'argent. Il est des richesses qui ne s'achètent pas, et je me demande si on ne ne devrait pas essayer de développer une mesure du bonheur".
Après ça, c'est bon, j'étais fiché,... Le petit gars de moins de 30 ans qui fabule et qui ne comprend rien à la vie. J'avais prononcé le mot bonheur. Le truc auxquel personne ne croit.
J'étais fiché, mais content !
Finalement en sortant de la conf', j'ai remarqué que j'avais donné la pêche à pas mal de monde. Ceux qui avaient applaudi avaient bien compris que je ne révais pas et que mon quotidien d'entrepreneur me confrontait aussi chaque jour à la réalité économique. Ceux qui était consternés, pensaient en revanche que je n'étais bon que pour compter fleurette.
Je dois vous le dire, j'en ai ras le bol qu'on me mesure mon bonheur et la pertinence de mon existence à coup de PIB.
Je suis toujours mort de rire quand j'entend la télé me dire si j'ai ou non le moral.
L'afp m'indique même que je n'ai jamais été aussi déprimé depuis 20 ans ! Pinaize !
il y a 20 ans... ah oui je me souviens, ça devait être lors du début des grandes vacances en 88. A tous les coups j'étais stressé de passer en sixième l'année d'après... Les grands allaient certainement venir m'embeter dans la cours en me traitant de nabot. Le stress, je ne vous raconte pas... !
Alors, en plus il parrait que quand je n'ai pas le moral je ne consomme pas. Si c'est vrai pour moi, je dois dire que du coté de mon amoureuse, rien de tel qu'une petite baisse de moral pour la faire filer dans les magasins !
Cela me rappelle une intervention à l'IEQT de Rochefort. Nous étions 3 entrepreneurs (Régis, Pierre-Emmanuel et moi-même) qui devions parler de la réalité du développement durable dans les petites entreprises. La table ronde avant nous n'avait parlé que de normes, 14001, sécurité etc... La conclusion était "bon et puis, l'entreprise est là pour gagner de l'argent et rien d'autres".
Nous étions arrivés en mettant les 2 pieds dans le plat : "Bonjour, en fait, nous on pense que l'argent est le carburant de l'entreprise*. Quand vous allez de Paris à Lyon, vous avez besoin de gasoil, mais vous n'allez pas à Lyon pour chercher du gasoil. L'argent est indispensable et bénéfique, mais l'entreprise est là pour remplir une mission. Si l'entreprise manque d'argent, elle meure très vite, mais si elle néglige sa mission et son équipage, elle meurent à petit feu, mais elle meurent tout autant".
Réponse de l'auditoir forcément assez tranchée... mi applaudissement, mi silence consterné....
30 minutes après j'ose un truc du genre. "Je vous pris de m'excuser, mais vous mesurez le bien être d'une société avec un indice économique. Indice qui en plus est tout à fait discutable puisque la destruction d'une maison dans un incendie crée pour vous de la richesse. Je crois en effet que nos investissements ont pour vocation de nous rendre plus riche. Mais par riche je n'entend pas forcément avoir plus d'argent. Il est des richesses qui ne s'achètent pas, et je me demande si on ne ne devrait pas essayer de développer une mesure du bonheur".
Après ça, c'est bon, j'étais fiché,... Le petit gars de moins de 30 ans qui fabule et qui ne comprend rien à la vie. J'avais prononcé le mot bonheur. Le truc auxquel personne ne croit.
J'étais fiché, mais content !
Finalement en sortant de la conf', j'ai remarqué que j'avais donné la pêche à pas mal de monde. Ceux qui avaient applaudi avaient bien compris que je ne révais pas et que mon quotidien d'entrepreneur me confrontait aussi chaque jour à la réalité économique. Ceux qui était consternés, pensaient en revanche que je n'étais bon que pour compter fleurette.
Je dois vous le dire, j'en ai ras le bol qu'on me mesure mon bonheur et la pertinence de mon existence à coup de PIB.
Le monde va mal ! Regarder les chiffres !
Moi je vais bien, regardez mon sourire !
Moi je vais bien, regardez mon sourire !
Spéciale dédidace, un enregistrement de la dernière fois que je suis monté sur scène :
* dixit Elisabeth Laville, L'entreprise Verte.
MAJ : un petit reportage Mativi qui tombe pile-poil !








Ecrit par So-Ann, le Vendredi 27 Juin 2008, 10:17
J'ignorais tes talent de chanteur, mais là, je sui simpressionnée:-) J'adore, tu as vraiment du talent et c'est très drôle, lol!
← Re:
Ecrit par Olivier, le Lundi 30 Juin 2008, 10:42
Merci pour tes encouragements
J'avoue je m'amuse bien sur scène !
Jeunes, entrepreneurs, idéalistes, ... et contents !
Ecrit par Benjamin eco-SAPIENS, le Dimanche 29 Juin 2008, 14:07
Cher Olivier,
C'est un plaisir de vous lire conter ces rencontres et réunions avec de "vrais" entrepreneurs.
Nous avons connu pas mal de moments de grâce et de solitude similaires.
"Un jour ils comprendons !", je l'espère.
En tout cas créer une entreprise ou son activité, pour défendre des valeurs et non mettre le profit comme unique finalité de nos activités, c'est un challenge que nous sommes de pus en plus nombreux à relever. Et c'est tant mieux !
Voilà, un adresse d'une Fabrique à entrperendre autrement : Inter-Made à Marseille : beaucoup de projets, beaucoup de sens et des gens heureux !
Benjamin, un eco-SAPIENS à Marseille
Ecrit par Arno, le Dimanche 29 Juin 2008, 19:45
J'aime bien ta définition de l'argent et son intérêt dans une entreprise, si on pouvait être plus à avoir cette vision de l'économie.
Pour revenir sur le commentaire de Benjamin, je ne connaissais pas Inter-Made et je me retrouve dans cette conception de l'entreprenariat. C'est d'ailleurs pour ça que j'ai choisi de devenir Entrepreneur Salarié (ES) au sein de la Coopérative d'Emploi et d'Activité (CEA) Oxalis.
Ce statut original d’ES recouvre deux réalités distinctes. En tant qu’entrepreneur, le porteur de projet est responsable de son activité économique (lui seul maîtrise son savoir-faire et connaît ses besoins) et de sa pérennité financière. En tant que salarié, il dispose des avantages liés à ce statut, la coopérative assurant la responsabilité juridique et commerciale.
Le fonctionnement de la CEA s’appuie sur deux logiques fortes. Il y a en premier lieu une logique économique, en tant qu’entreprise, elle fait partie du secteur économique classique, et respecte ses règles juridiques et financières. Mais ce n’est pas tout à fait une entreprise comme les autres : le statut affirme également une logique coopérative.
La suite de l'explication sur mon site.
Pour résumer, dans notre coopérative, on commence avec un Contrat d'Appui au Projet d'Entreprise (CAPE) qui permet de tester son activité et de se créer un fond de roulement. Ensuite on passe en CDI, temps partiel, temps plein, c'est comme on veut. On se fixe un salaire avec le permanent de l'établissement local. Une partie du chiffre d'affaire sert à faire tourner la machine, car toute la compta et les trucs administratifs sont centralisés.
Arrivé pour pouvoir facturer, j'y reste pour le coté coopératif et l'idée de proposer un autre mode de fonctionnement de l'entreprenariat. Le fait de ce dire qu'une partie du CA sert à une structure qui permet à d'autre de commencer une activité économique, j'aime.
Vous l'aurez compris j'adore ce que je fais et je vais très bien, en plus il y a 20ans c'était la rentré en CP, bonjour le stress.
Au fait, l'indice du Bonheur National Brut (BNB) a été préconisé par le roi du Bhoutan en 1972.
Cet indice repose sur les quatre principes fondamentaux :
Sinon, je suis bien d'accord avec So-Ann, tu a un vrai talent de chanteur.