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La semaine des 4 jours, savoir lire et compter en sixième, les résultats du bac et le classement de la france au palmarès mondial de ceux qui ont bien appris leur leçon... 
Voilà ce qui semble le plus important aux yeux des politiques concernant l'école.

Pas un mot sur la confiance en soi. Pas un mot sur la connaissance de soi. 
Non, on va continuer de mesurer l'école avec des notes,  comme on mesure la France avec un PIB. 

En première année de maternelle la maitresse de mon fils m'a dit qu'un des grands objectifs de l'année est de savoir suivre le groupe. Devenir Elève, comme il est indiqué dans la brochure spéciale pour les parents sur le site de l' nationale. Sur le fond, cette brochure est d'ailleurs pas mal, assez globale et convaincante, mais est-ce vraiment l'esprit qui est diffusé dans les académies ? 

En première année de maternelle, mon fils a assisté à une cérémonie de plantation d'un arbre pour la laicité, mais bien sûr on ne lui a pas parlé de toutes les formes de religions. 

En première année de maternelle, des milliers d'enfants on fait une minute de silence dans la classe "parce qu'il y a un monsieur qui est rentré dans une école et qui a tué des enfants".  Idéal pour ce sentir en sécurité et donc disponible pour apprendre. 

En première année de maternelle, mon fils a découpé dans le catalogue joué club tous les jouets qu'il voulait pour noël. "c'est pas ce que j'ai commandé !!!". Ben oui, d'autant que nous, on l'avait pas vu la lettre.... Pas un mot sur l'esprit de noël, sur noël dans les autres pays etc... non non. 

J'ai récément visité une école pour organiser un peu ma vie future à Angers. La directrice semblait surprise de ma visite, mais elle m'a accueillie chaleureusement. Une infrastructure excellente, des gens très sympa, des institutrices qui semblent parfaitement connaitre leur métier. En gros, une école impeccable, ou je mettrais volontier mes enfants.
Mais j'ai quand même vraiment tiqué sur un truc.
Pourquoi la directrice de cette école publique m'a dit que nous étions dans un quartier de CSP+ et donc que le niveau académique était vraiment excellent ?
Pourquoi a-t-elle jugé utile de me dire que 10 élèves de grande section savaient déjà lire et écrire avant d'entrer au cp ?
Pas un mot sur l'importance de la petite enfance dans la vie d'un homme.
Pas un mot sur l'accompagnement pour que chacun se sente en confiance pour sa vie.
Pas un mot sur le développement d'autres capacités que la lecture ou l'écriture. 

On préfère des enfants heureux, fiers, libres, en relation, confiants ? ou des enfants qui savent compter ? Les deux mon capitaine ! Bien sûr !

Mais non. 

Non, non, à l'école il faut que le PIB soit bon, qu'importe la méthode ou l'esprit, et puis ceux qui ne suivent pas, qu'ils aillent se faire voir chez les grecs. 

Oui parce que en gros, celui qui n'arrive pas à compter, il dégage. "non, pas du tout, nous allons le prendre en charge dans une structure spécialisée". yep, une sorte de tiers monde de l'école quoi. Un truc avec des subventions et des aides parce qu'au quotidien on n'a pas franchement réussi à faire du co-développement. Des classes de l'echec. Pas de l'echec de l'enfant, de l'echec du système.  

Ah là là. Monsieur Peillon, s'il vous plait, allez faire un tour aux amanins, vous aurez là un concentré de la vraie école dont nous avons besoin.

La bas, "l’élève est accompagné dans l’enrichissement de ses facultés linguistique, logico-mathématique, kinesthésique, spatiale, musicale, naturaliste, interpersonnelle et intrapersonnelle.
La bas, " L’élève doit toujours comprendre à quoi cela sert d’apprendre ce qu’on lui demande d’apprendre. Là encore la priorité est mise sur donner du sens. L’enseignant développe l’utilisation des mémoires visuelle, auditive et kinesthésique. Les enfants analysent et verbalisent leur façon de réfléchir, l’adulte aide l’enfant à acquérir des images mentales et des outils de construction du raisonnement."


L'école du Colibri et la pédagogie coopérative par mas66655  


Si les amanins, c'est too much pour vous, ce que je comprendrais, parce que ça peut faire un choc de se rendre compte à quelle point on est à coté de la plaque, je suis certains qu'il existe de nombreuses écoles publiques ou privées qui sont en chemin vers une école plus humaine qu'académique. D'ailleurs, je vous propose d'aller faire un tour à l'école Saint Etienne de Beaucouzé. Pourquoi ? Parce que dans cette école, pourtant d'allure tout à fait traditionnelle, il semble que les enseignants avancent de plus en plus vers un accompagnement global de l'enfant, tout en respectant le sacro saint "programme". 

Alors bien sûr dans ces écoles, il y a surement des problèmes, des défauts, des boulettes, des erreurs. Mais le projet porté me parait beaucoup plus riche. Personnellement, j'ai toujours préféré confronter l'utopie à la réalité plutot que de réfléchir dès le départ avec les contraintes et ne laisser place à l'utopie que "si j'ai le temps". J'ai toujours préféré le chaos créatif à la rigueur mesurable. La mesure, voilà ce qui mine probablement notre système. Sa volonté d'universalité aussi. 

Il semblerait que l'école soit tellement engluée dans sa standardisation qu'elle ne laisse plus grande place à la prise d'initiative, au grand regret des enseignants d'ailleurs. Chez nous l'inspecteur considère qu'apprendre à mettre son manteau n'était pas un apprentissage et ne faisait pas partie du temps de classe. En maternelle, on a donc failli réduire la pause déjeuner. Heureusement la directrice est subtile... 

Le moule est tellement serré qu'il n'y a plus aucune place pour inventer, s'adapter, innover, rêver.

Le rêve.... rien n'est plus abstrait, laisser la place au rêve serait mettre l' nationale en roue libre ! Et si justement c'était de liberté dont elle avait le plus besoin, pour laisser place à l'initiative. Surtout en maternelle, là ou l'école n'est de toutes les façons pas obligatoire...et là justement ou tout se joue pour l'enfant, l'adulte en devenir. 

Seulement voilà, le rêve, le bonheur, le bien être, tout ça... ça ne se mesure pas. 

Mais ce n'est pas d'une nouvelle mesure dont nous avons besoin, c'est d'un nouveau regard. 

 
 

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