Renoncer au commerce internationnal ?
Voilà, à force de me torturer les méninges, je finis par me demander si le commerce équitable , pour équitable qu'il soit, est une solution pérenne . Parcequ'au fond, acheter du café (cher) aux petits producteurs de Colombie pour qu'ils puissent (enfin) accéder à un certain confort de vie, c'est bien pour eux et pour ma conscience; mais d'un autre côté si je ne rentre pas dans le circuit d'achat et donc de transport de marchandises fabriquées à l'autre bout du monde, je ne participe plus à cette espèce de course folle aux produit exotiques (car même si on en consomme plusieurs tasses par jour, comme le thé, le chocolat c'est toujours de l'importation) , à ce gâchis environnemental que sont actuellement les échanges internationaux .Qu'en pensez vous ?
le 27/06/2006
je me pose la même question que toi. Voilà quelques temps que je souhaite m'engager à Artisans du Monde mais je pense que sur le fond le commerce équitable rentre dans une logique de commmerce mondial qui n'est pas viable sur le long terme.
Répondre à ce commentaire
le 28/06/2006
je me pose moi aussi beaucoup de questions sur l'origine des produits et objets qui m'entourent. Je prête de plus en plus d'attention à la provenance de ce que j'achète, mais il faut bien reconnaitre que mon caddy vient du bout du monde : entre le café, le thé, les ananas, le chocolat, les divers objets "made in china", mes épices, mon sucre vanillé... bref ! Mon quotidien est rempli du commerce international, mais je ne me sens pas coupable. Il faut bien reconnaitre qu'on ne peut pas se passer des produits et objets du reste du monde : le tout est de savoir les consommer de manière juste et réfléchie. J'essaie d'avoir un comportement responsable en privilégiant dès que possible les produits locaux, mais rien ne m'empêchera de boire mon café le matin !
Répondre à ce commentaire
le 28/06/2006
Les dilemmes "bouffe" quand on commence à faire des efforts pour contribuer au meilleur état de la planète ou à celui des producteurs en tout début de chaîne sont infinis. Je n'ai moi même défini ma "ligne de conduite" si je peux dire que très récemment.
Je pars du principe que tout est une question de proportion et mon guide personnel pour acheter ma nourriture suit grossièrement le schéma suivant :
1 - J'achète d'abord et avant tout local tout ce qui est effectivement produit localement tel que viande, produits laitiers (pour trouver des litres de lait produits localement bonjour le casse tête !) et légumes (nettement plus facile, les marchés locaux ne manquent pas dans ma chère Bretagne). Pour moi "local" c'est la base du respect des valeurs environnementales et humaines. J'aime bien voir le type qui me vend ses légumes et savoir que je peux lui poser toutes les questions que je veux sur le goût de ce qu'il me vend et lui demander des conseils de recettes à l'occasion.
2 - Comme tout ce qui est produit localement n'est pas forcément synonyme de respect environnemental (les déchets de l'élevage intensif en Bretagne représentent la pression de déchets de 54 millions de personnes soit presque la France entière !), je fais l'effort d'acheter le maximum de produits issus de l'agriculture biologique (local, j'insiste !), en tout cas ceux dont je sais pertinemment qu'ils sont responsables de pollution majeure. La viande est de loin en tête de ce palmarès, et ne risque pas d'être détronée de si tôt.
3 - Enfin en attendant que le réchauffement de la planète soit suffisant (j'ai trop hâte !!...) pour qu'on puisse cultiver café, cacao et tout le toutime exotique dont on a pas envie de se passer, et bien j'achète équitable dans la mesure du possible.
Bref tout ça pour en venir à ce que je disais, tout est histoire de proportion. Si mon alimentation est basée sur une provenance majoritairement locale et de préférence bio, mon impact sur les quelques produits que je choisis équitables est plutôt minime. Il est clair que manger régulièrement du porc bien breton et donc bien local mais produit de manière intensive est bien plus dommageable pour l'environnement que d'acheter un paquet de 200 g de café équitable qui peut me durer quinze jours.
Voilà, j'espère que ça ne vous a pas paru trop long parce qu'à moi si... mais c'est tellement passionnant comme débat que je n'arrive pas à en démordre. Des américains ont récemment lancé un "eat local challenge" avec blog collectif et tout le tintouin, très intéressant. Pour ton information, la plupart de ses membres notent juste quelques exceptions à leur "régime local" et on y trouve justement le thé, le café et le chocolat...équitable bien sùr. Tiens donc ! Comme c'est curieux ? Enfin et promis je m'arrête là, un couple de canadiens de Vancouver sort tout juste d'un an d'un "100 mile diet" et commence à faire des émules un peu partout dans le pays. Bref, le sujet que tu abordes dans ton message est à la base de bon nombre de questionnement sur notre manière non durable de vivre au quotidien et tu peux en être sûr tu n'est pas la seule à te les poser.
Répondre à ce commentaire
le 29/06/2006
L'article d'Olivier sur le cycle de vie d'un teeshirt m'avait interpellé puisque j'étudie la faisabilité d'un projet de beaux teeshirts bios faits au Maroc. Depuis le début il est hors sujet de vouloir vendre tous les teeshirts aux bobos parisiens. Aucun un intérêt. Je me dis que si pour commencer au moins la moitié des teeshirts est vendue dans le pays ... on est dans le bon sens pour faire du local ! Et limiter notre participation au transport international !
Répondre à ce commentaire
le 29/06/2006
Le hors-série n°43 du journal Politis traite de ce sujet, entre local et commerce équitable -- enfin pas tant équitable que ça d'après ce qui en est dit.
J'en ai retenu pour ma part que la notion de commerce équitable est actuellement assez floue et, pour les petits producteurs du Sud, la différence avec le commerce "normal" est parfois très légère. Un des témoignages disait, si je me rappelle bien : "le commerce équitable est un peu moins injuste que la filière classique, mais ça reste toujours injuste".
À voir également de quel commerce équitable on parle -- Max Havelaar n'est pas épargné dans les articles du hors-série, notamment pour ses accoquinements avec la grande et moyenne distribution. Il existe bien d'autres structures, qui respectent sûrement plus l'idée d'origine.
C'est vrai que faire venir parfois des produits de loin, alors qu'ils pourraient être produits sur place, semble une aberration, sur le plan environnement notamment. Cependant, si c'est pour tenter de sortir de la misère des populations, pourquoi pas ? Car bien souvent, c'est bien la pauvreté ou plutôt la misère qui pousse les populations soit à émigrer dans les villes, soit à exploiter au delà du soutenable leur environnement.
En clair, acheter ces produits c'est peut-être un mal ("écologique" notamment, car transports) actuel pour une situation future plus vertueuse, non ?
Répondre à ce commentaire
le 30/06/2006
Je suis complètement d'accord avec toi sur le fond mais je ne suis pas du tout d'avis qu'il faille communiquer là desssus. C'est trop tôt. Car l'équitable commence juste à percer; Si, par une réflexion trop pointue, on tire sur le commerce équitable -parce qu'il favorise le commerce de denrées exotiques- alors on récoltera pire que mieux : D'un le pauvre consommateur qui commence à avoir envie de faire un effort et passer à l'équitable, ne va plus rien comprendre. Deux : parce que ces producteurs qu'on soutient verraient leurs marchés brutalement s'effondrer sans avoir d'alternative. Et pour le transport, le café est transporté par bateau, donc peu de gaz à effet de serre. il faut faire vivre l'équitable car c'est une alternative au modèle économique généralisé dans un commerce qui est de toute façon mondialisé.
Répondre à ce commentaire
le 30/06/2006
Euh... J'ai oublié de signer : Isabelle d'eco-echos.com
Répondre à ce commentaire
le 30/06/2006
Est ce que cela signifie que "le pauvre consommateur " n'a pas l'âge de raison ? le niveau de réflexion,ou est -ce d'après toi un problème de courage ?
Tu penses qu'on a beaucoup de temps devant nous ?
Répondre à ce commentaire
le 01/07/2006
C'est effectivement une problématique récurente. Local ou équitable ?
Selon moi, les fabricants de produits équitables de qualité ne devraient même pas proposer des produits qu'il est possible de se procurer en local. Par exemple, je suis choqué par Alter Eco qui commercialise du sucre importe de je-ne-sais-où, alors les Erstein ou Beguin-Say produise sur le territoire français.
Pire : Alter Eco propose son sucre exotique en petites buchettes... en plastique !
Mon avis est de privilégier le local dans la mesure du possible. Evidemment, on ne saurait se priver de café, thé, chocolat aujourd'hui. Et pour ces produits, on peut essayer de faire un effort et de consommer équitable.
Répondre à ce commentaire
le 05/07/2006
Moi je trouve très bien d'acheter des produits équitables pour ce que nous ne savons pas faire par exemple le café, ou le chocolat...
Par contre, je trouve ça un peu con d'acheter du miel du Pérou, fut-il équitable....
Répondre à ce commentaire