« Agir pour demain, agir pour nos enfants, agir pour l’avenir… J’ai parfois le sentiment que la manière avec laquelle on essaie de nous motiver à nous bouger touche à l’exacte explication de notre immobilisme. On nous demande d’agir pour éviter une catastrophe future alors même que nous ne serons probablement plus là lorsqu’elle battra son plein. J’ai déjà du mal à économiser pour mes vacances, encore plus pour ma retraite ! Comment vais-je donc trouver l’énergie de me bouger pour la planète ?
Ma stratégie :
1 / Commencer par ce qui me donne du bien-être immédiat : aller chercher le pain en vélo, manger des produits sains et locaux.
2 / Continuer par ce qui me fait faire des économies là tout de suite : installer des réducteurs de débit d’eau, baisser la température du chauffe-eau, penser à éteindre le chauffage, conduire plus calmement…
3 / Se satisfaire de chaque étape et prendre le temps de constater combien cette transition m’apporte au quotidien : meilleure forme, bien-être, économies… Finalement, la nature ne serait-elle pas simplement en train de me rappeler à l’ordre ?
4 / Faire plus si affinités !
“Nous n’avons pas vingt ans pour réagir, nous avons vingt ans pour réussir ”, dixit Isabelle Delannoy, ingénieure agronome et écrivaine, spécialisée dans les questions environnementales. Pourquoi ne pas passer vingt ans à être chaque jour plus heureux ? »











la vie est ainsi faite...
Ecrit par Albert, le Jeudi 28 Mai 2009, 14:26
C'est marrant... mais ce que tu abordes là rejoint tout à fait le thème d'un livre que nous devrions sortir l'année prochaine sur "l'écologie intérieure".
A suivre donc ;-)
Mais la "catastrophe" est déjà là !!!
Ecrit par jcm, le Vendredi 29 Mai 2009, 07:28
Il ne faut pas se représenter cette "catastrophe" comme un événement soudain et bruyant qui adviendrait un jour à une date précise : c'est au contraire un phénomène rampant, qui se développe doucement et prend lentement de l'ampleur, un peu à l'image de la migration vers le nord ou vers des altitudes plus élevées de nombreuses espèces végétales et animales.
Migrations bien réelles, constatées un peu partout.
On trouve ici des traces de la catastrophe provoquée par nos modes de vie, et qui ne concerne pas seulement le réchauffement climatique.
Nous sommes bel et bien au coeur d'un phénomène catastrophique aux mutiples visages que nous avons provoqué de mille manières, mais les conséquences ne sont pas encore assez nettement discernables au travers de manifestations qui nous gêneraient vraiment.
Dans le fond le fait que le Rhône soit gravement pollué aux PCB (parmi bien d'autres cours d'eau) nous interpelle au mieux 5 minutes au moment des infos, on se dit que c'est bien dommage pour les pêcheurs puis basta...
Et maintenant c'est même devenu un filon peut-être juteux : "La dépollution des eaux contaminées aux PCB, un marché prometteur".
Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes !
Mais en fait que signifie cette pollution du Rhône ?
Que nous diminuons chaque jour à chaque instant l'espace de liberté dont nous disposions et aurions pu continuer à utiliser si... nous avions été moins agressifs vis à vis de notre milieu de vie.
Un milieu contre lequel il a fallu se battre pour survire, mais qui ne nous laissera pas de repos.
Par exemple la longévité actuelle doit en partie à la découverte par Fleming du principe des antibiotiques, dont nous avons abusé ensuite jusqu'à créer des souches multirésistantes puis... : "Les shampoings, désinfectants, assouplisseurs et autres produits ménagers aident à la prolifération des bactéries résistantes aux antibiotiques, ont découvert des chercheurs britanniques.".
Cette diminution de cet "espace de liberté" est en fait d'abord et avant tout un amenuisement des qualités du milieu dans lequel nous sommes contraints à vivre : les qualités qui favorisaient une vie relativement facile s'étiolent, avec la conséquence que, globalement, la vie deviendra plus difficile.
A partir de quel niveau de difficultés faudra-t-il parler de survie ?
Car nous sommes bien dans cette logique à tous points de vue, nous à titre personnel pour l'instant en Europe "riche" ne le ressentons peut-être pas mais chacun peut bien voir ce qui se profile ici et là de par le monde (par exemple : "Le plus grand récif corallien du monde a perdu 40% en 40 ans").
En fait nous avons réussi (en Europe et dans quelques zones du monde) en à peine plus d'un siècle à rendre notre vie extraordinairement facile par rapport à ce qu'il en était auparavant (malgré 2 guerres mondiales, ou grâce à ces 2 guerres peut-être...).
65 ans sans guerres au coeur de l'Europe : c'est extraordinaire, avec une quarantaine d'années de prospérité assez confortable : on n'avait jamais vu cela et cela a effacé de nos mémoires la dureté d'un passé en fait assez récent, où il fallait se battre plus durement pour vivre.
On ne se bat plus : on vit, mais en "cassant l'outil", en sciant lentement la branche qui nous supporte et sans savoir exactement quand elle craquera vraiment.
Voilà la situation dans laquelle nous sommes effectivement et qui nous conduit inexorablement à une vie de plus en plus "dure", de plus en plus inconfortable et dangereuse.
Un inconfort et un danger qui se manifesteront insensiblement sans que nous ayons l'impression de vivre une "catastrophe" aux manifestations physiques impressionnantes, comme le serait une explosion par exemple.
A mon point de vue la "catastrophe" est là, tout simplement parce-que d'assez nombreuses mèches sont allumées et brûlent lentement sans trop éveiller notre attention : elles déclencheront une suite de petits feux étalés dans le temps, qui laisseront de plus en plus de terres brûlées...
Mais c'est une catastrophe molle, calme, silencieuse, sournoise...
Ecrit par Anonyme, le Vendredi 29 Mai 2009, 12:31
Tu dis "Commencer par ce qui me donne du bien-être immédiat" et "Continuer par ce qui me fait faire des économies là tout de suite"
En effet, je ne crois pas qu'on puisse obtenir grand chose des gens en leur faisant peur sur le réchauffement climatique qui apparaît très abstrait à la plupart.
Si les gens voient l'intérêt pour leur bien-être, ils le feront avec plaisir. C'est comme pour un régime: si on se prive, ça ne dure pas; si on y trouve un plus personnel (presque) immédiat, alors on obtient des résultats.
Voilà pourquoi il faut, par exemple, pour inciter les gens à revenir dans les villes, travailler le quotidien des habitants: animations-fêtes de rue-quartier, marchés (lien ville-campagne, producteurs locaux, convivialité...), transports agréables et sûrs, isolation thermique et phonique des logements ... Bref, le "penser global - agir local' évidemment.
Ensuite tu dis: "Faire plus si affinités !"
En effet, plus on fait, plus on fera. Voir la théorie de l'engagement: "« Seuls les actes nous engagent. Nous ne sommes donc pas engagés par nos idées, ou par nos sentiments, mais par nos conduites effectives »"
http://www.menteur.com/chronik/000531.html
← Re:
Ecrit par jcm, le Vendredi 29 Mai 2009, 13:40
"Si les gens voient l'intérêt pour leur bien-être, ils le feront avec plaisir."
Ce "bien-être" : à quelle échéance ?
L'immédiat : je mange un carré de chocolat car cela me procure dans la minute un certain plaisir.
Et j'économise cependant autant que possible pour m'acheter un jour une maison qui sera le lieu de mon bien-être futur, ce que font beaucoup de gens.
Ce qui démontre que l'on peut avoir une notion de son "bien-être" à diverses échelles de temps, et obtenir le plaisir d'être un jour "dans ses murs" peut coûter bien des efforts et des privations qui n'ont souvent rien à voir avec un "plaisir".
Il est ainsi démontré que nous ne vivons pas uniquement "dans l'immédiat" ni dans "le plaisir" : il y a d'autres ressorts à nos comportements.
Mais la plupart de nos comportements sont déterminés sur l'idée que ce qui existe aujourd'hui existera de la même façon demain, or nous savons déjà qu'aujourd'hui ne ressemble déjà plus à un hier récent, et que le demain proche sera encore différent, ce qui devrait profondément modifier nos façons de nous projeter dans l'avenir.
A tout le moins nous pouvons savoir cela, les informations existent en nombre mais sont probablement mal diffusées et mal mises en perspective (leurs conséquences ne sont pas suffisamment explorée et exoliquées).
Cela dans tous les domaines : pensons par exemple qu'il y a 30 ans ont s'investissait dans un crédit immobilier sur 10, 15 ans, et que maintenant c'est pour 30 à 50 ans (dans certains pays), en vertu des booms immobiliers et de la compression des salaires.
En d'autre termes le rapport "efficacité individuelle/temps" s'est distendu, ce qui devrait modifier notablement nos façons de nous projeter dans l'avenir.
Et il suffira d'une "bonne" augmentation du prix du baril de pétrole (en hausse actuellement) pour distendre à nouveau ce rapport "efficacité individuelle/temps", déjà nettement affecté par le crise financière mondiale.
Ce qui finalement aura pour conséquence de réduire l'impact des actes de chacun, que l'on "pense global" ou non.
En fin de compte nous sommes dans une nasse qui se refermera d'autant plus inexorablement que nous ne ferons rien pour la rouvrir.
Mais le rouvrir ne se fera pas "faisant peur sur le réchauffement climatique" ou sur tout autre sujet : il faut de la raison, basée sur de l'information, pour desserrer l'étreinte.
La "dynamique de la peur" n'est pas bonne conseillère, il faudrait savoir lui préférer celle de l'intérêt général à court, moyen et long terme : tout un travail à faire...
Un petit echo de la catastrophe
Ecrit par jcm, le Vendredi 29 Mai 2009, 19:49
Le réchauffement climatique serait responsable de 300 000 morts par an
Cela ne nous aidera probablement pas à être "chaque jour plus heureux " car plus les années passeront..., mais en tirerons-nous une conclusion qui eviterait une aggravation de la situation ?
Un détermination à agir vraiment ?
Et faire nettement plus que fermer le robinet et la lumière en quittant une pièce ?
Quoi, où, comment ?