Les OGM sont-ils une menace ?
J'écris cet article pour faire comprendre à beaucoup d'entre vous qu'on peut, comme moi, être écologiste et pourtant penser que les OGM sont une bonne chose. Oui je sais, je vais m'en prendre plein la tronche avec cet article mais si je pousse pas la gueulante personne le fera. Je ne vois absolument pas ce que tout le monde reproche si fort aux OGM.Mot clé: OGM
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| Imprimer | Articlé publié par Olivier le 27 Déc. 05 |
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le 29/12/2005
1 / Transgénèse mise en évidence avec pollution irrémédiable des espèces originelles (mais au Mexique, colza au Canada). Cas unique dans l'histoire de pollution potentielle auto-alimentatrice (les espèces n'étant pas stériles).
2 / Mise en évidence du codage inattendu de certaines protéines ayant induit des maladies sur des rats de laboratoire
3 / Mise en défaut du principe de précaution de la charte de l'environnement, seule mesure permettant à ce jour de prévenir nos chers professeurs foldingues et la folie douce des Bilderbergers en herbe.
4 / Déni de démocratie (70% des français sont contre)
5 / Brevetage du vivant et mise sous tutelle de l'alimentation globale sous la coupe de 5 entreprises multinationales.
6 / Condamnation à terme de la filière bilogique (c'est déjà le cas outrre-atlantique)
7 / Pseudo-objectifs initiaux des OGM mis en défaut par le retour d'expérience : + de produits phytosanitaires à utiliser pour le même rendement, rentabilité moins bonne que les semences traditionnelles (cas des paysans etats-uniens), développement de formes résistances et d'hyper-prédateurs, pas de progrès obtenus en matière de satisfaction alimentaire dans les pays en développement (de toute façon, l'accent n'est pas mis sur cet aspect mais sur la tolérance des plantes à des phytosanitaires) ...
Bref, je ne vois même pas où il peut y avoir un doute. Je te remercie Olivier de tester que nous ne sommes pas encore "légumisés" devant notre écran. Je propose d'ailleurs une extension : Pour ou contre le boeuf aux hormones, le poulet aux dioxines, la vache folle, le dopage antibiotique des bêtes d'élevage ?
Bonne journée "écologique"
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le 29/12/2005
Moi aussi je vais peut être prendre des coups, à croire que j'adore ça.
Je suis désolé, mais je trouve la virulence de certaines argumentations "anti OGM" assez contre productive. Tout ce qui est reproché est souvent justifié, mais fait-on le procès des OGM ou celui de mauvaises pratiques politiques, commerciales et agronomiques ?
Les OGM présentent un certain nombre de risques, certains seulement potentiels et supposés, d'autres avérés. Le principe de précaution doit bien évidemment là aussi s'appliquer. Mais pas dans le sens trop généralement entendu de "on arrête tout". Ce genre de raisonnement ne peut conduire qu'à la ruine du principe de précaution. Il faudrait au contraire renforcer la recherche pour mieux cibler les impacts et trouver des solutions.
Les OGM ont des impacts sur l'environnement, et présentent certains inconvénients. Mais de la à penser qu'ils sont la pire menace à laquelle nous ayons à faire face ... L'agriculture intensive, l'usage massif des pesticides, des engrais phosphatés, des labours profonds ne posent-ils pas autant de questions, sur lesquelles nous sommes portant beaucoup moins mobilisés ? Ne parlons pas de notre frénésie de transports et de voyages exotiques, de notre consommation délirante de produits électroniques, voire de produits agricoles non OGM, comme la banane, le tabac, le café ou les cacahuettes, dont l'impact sanitaire et environnemental est loin d'être négligeable.
Les OGM actuellement sur la marché ne profitent qu'aux grands groupes semenciers et aux producteurs de produits phytosanitaires (qui sont souvent les mêmes, directement ou par le jeu de prises de participations croisées). C'est vrai aussi. Mais la faute à qui ? La psychose anti OGM n'a t'elle pas conduit la recherche publique, dont on aurait pu attendre qu'elle prenne un peu plus en compte l'intérêt général, à se détourner de ce sujet, décidément trop brûlant ?
L'évolution du climat, la croissance de la population, la malnutrition, la lutte contre les ravageurs présentent entre autre, des défis considérables. Auquels il n'est pas exclu que la recherche sur la transgénèse puisse apporter une partie de la réponse. Je pense par exemple au Coton, responsable de 80% de la consommation de pesticide dans le monde. Aujourd'hui, le Coton Bt n'est pas satisfaisant, les résistances appaissant très vite. Mais des pratiques plus intelligente de rotation des culture, de lutte intégrée, incluant, entre autre, mais pas seulement, l'utilisation de variétés génétiquement modifiées peuvent contribuer à réduire cette consommation délirante de pesticides. Le riz doré est un autre exemple. Aujourd'hui imparfait, c'est une voie de recherche intéressante (même s'il s'agit d'un aliment destiné à apporter une réponse à des situations de crise - il ne remplacera pas dans la durée une alimentation variée et équilibrée). D'autres exemples abondent, par exemple sur le sorgho, etc... Sans parler des bactéries génétiquement modifiées utilisées couramment dans l'industrie, depuis des années, pour produire diférents composés, aussi divers que l'insuline ou certains enzymes...
La question n'est pas simple. La réponse ne peut pas être simple, en tout cas pas du genre Oui / Non.
En résumé, les OGM posent certains problèmes, sur lesquels ils faut réfléchir et travailler, mais ils ne sont pas forcément le mal absolu. Il peuvent aussi apporter une contribution à certains défis que nous devons relever, mais n'en attendons pas une solution miracle.
Pour poursuivre la réflexion : "Biotechnologies et Développement Durable"
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le 30/12/2005
Bonjour,
Si je suis ton raisonnement le monde va très mal et au regard des problèmes à traiter que tu as cités, l'affaire des OGM est un problème en marge. Je suis obligé de me porter en faux contre cela, je ne veux pas réitérer mes arguments mais j'ajouterai seulement quelques éléments à la réflexion :
Si nous sommes aujourd'hui à ce point dans le mur, cela est dû en partie au fait que nous avons laissé des experts techniques s'aroger le droit de prendre des décisions qui dépassent de très loin leurs champs de compétences sans que nous ne fassions jamais valoir notre droit à nous auto-administrer comme on pourrait s'y attendre venant de personnes élevées dans un paradigme démocratique.
Peut-être techniquement ce ne serait pas la "meilleure" solution qui serait retenue mais en tous cas on ne développerait pas une société à 2 vitesses : l'une hyper-technisante et procédant à une forme exacerbée d'impérialisme écologique et l'autre laissant des milliards d'individus sur le bord de la route.
Moralité, les OGM représentent un avatar de cette lame de fond. Abdiquons, renonçons à notre devoir de positionnement, nous n'aurons pas le temps de tourner le dos que nous aurons déjà ses petits frères sur le dos : le retour du boeuf aux hormones par exemple (Europe toujours en conflit avec les USA via l'OMC), la développement anarchique des nanotechnologies, la révision des valeurs seuil des déchets radioactifs et tout ce que la perversion humaine va inventer d'autres.
Il n'y a pas de petite bataille, en ce sens que toutes sont régis par la même dynamique qui doit être mise en évidence, analysée, critiquée et détruite. Je pense que nous dévons être intraitable sur la forme de développement actuel des OGM tout en se positionnant aussi fermement sur les autres problèmes évoqués par Emmanuel. Je ne vois pas la contradiction, je dirai même que je ne conçois pas l'un sans l'autre.
Ce qui est insupportable à mon sens est que ce soit des intérêts privés qui gèrent ces questions au lieu de véritables instances démocratiques (qu'il faudrait définir ou redéfinir, la perméabilité entre gouvernants et entrepreneurs étant ce qu'elle est). Les intérêts sont FONDAMENTALEMENT contradictoires, l'histoire (et le présent) ne nous apprend donc rien ? Je vous invite à relire le discours de Salvador Allende à l'ONU en 1972. Je ne résiste pas à vous en livrer un passage :
“Nous sommes face à un véritable conflit entre les multinationales et les États. Ceux-ci ne sont plus maîtres de leurs décisions fondamentales, politiques, économiques et militaires à cause de multinationales qui ne dépendent d’aucun État. Elles opèrent sans assumer leurs responsabilités et ne sont contrôlées par aucun parlement ni par aucune instance représentative de l’intérêt général. En un mot, c’est la structure politique du monde qui est ébranlée. Les grandes entreprises multinationales nuisent aux intérêts des pays en voie de développement. Leurs activités asservissantes et incontrôlées nuisent aussi aux pays industrialisés où elles s’installent. Notre confiance en nous-même renforce notre foi dans les grandes valeurs de l’humanité et nous assure que ces valeurs doivent prévaloir. Elles ne pourront être détruites !”
Croire que l'orientation actuelle permettra un mieux-être avec une génération spontanée de "cotons respecteux de l'environnement", ou de "solutions au problèmes de la sous-alimentation" est vraiment faire peu de cas de l'expérience historique. Commençons par mettre en oeuvre ce qui est à notre portée et méfions-nous comme de la peste des solutions miracles (genre ITER, futur-haut lieu du pélerinage du positivisme scientifique). Le futur se change avant tout au quotidien chez soi et dans son entourage et pas dans des grands projets démiurgesques.
Quelques exemples de quelques alternatives aux OGM garanti 100% sans fantasme scientiste :
- réutiliser les anciennes semences plus adaptées à certains types de milieu (90% des semences ont été perdues en Europe)
- réduire la part des agricultures d'exportation en Afrique au profit de l'agriculture de subsistance
- mettre en application des principes permettant de protéger l'humus des sols (sa disparition est une cause majeure de réchauffement climatique) et de développer la pédogenèse (quelques émissions intéressantes sur Terre à Terre de France Culture)
- manger au regard de ses besoins alimentaires (moins de tout, et en particulier moins de viande)
- encourager fiscalement une politique de dénatalité
Quelques mesures pour encadrer le développement des nécessaires recherches sur les OGM :
- pas d'expérimentation en plein champs
- organisme de contrôle indépendant et d'orientation de la recherche quadri-partite (états, ONG, entreprises, partie civil)
- objets de recherche imposés par vote au regard des besoins de la planète
- transparence du reporting (à commencer par certaines études qui n'ont pas été diffusées à ce jour)
Conclusion : Pour ou contre les OGM ? Ni oui, ni non, mais pas oui dans le contexte actuel
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le 30/12/2005
Bonjour,
Je ne peux qu'adhérer pleinement à l'article de Spirale et n'emmènerai aucun argument supplémentaire à ce qui a été écrit de façon magistrale : simplement insister sur le danger que représente une entreprise comme Monsanto, principal promoteur des OGM, entreprise altruiste s’il en est, qui nous a donné des exemples remarquables de sa compétence dans différents domaines, je veux parler bien sûr des défoliants utilisés au Viet Nam. Avec les OGM, faits de semences stériles, habiles à contaminer les plantes dans leur environnement , le contrôle de toutes les semences mondiales par le biais de brevets, cette entreprise et les Etats-Unis détiendront le pouvoir absolu, celui d'affamer ou non toute la population de la terre. Peut-être peut-on pour l'instant se "rassurer" en se disant que le seul désir des dirigeants de Monsanto est l'expansion de leur entreprise et son enrichissement dans une stricte logique libérale, mais couplé à l'impérialisme américain sur lequel on rajoute un tyran quelconque (si, si, ça existe !), l'avenir peut faire frémir. Qu'aurai fait un Hitler, s’il avait disposé d'un pouvoir de ce type en Allemagne au bon moment , (Monsanto = IG farben ?)
Non décidemment, les OGM ne sont pas une question secondaire
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le 30/12/2005
Ton commentaire, et tant d'autres, pointe le fossé entre les enjeux politiques et sociologiques de la science et de la technologie, qui ne fait que s'accélerer, et l'absence de débat démocratique sur ces questions. Sur ce point, nous ne pouvons qu'être d'accord, et ma participation aux actions d'associations comme Vivagora, Sapience, Vivant Info va dans le sens de tenter de restaurer un dialogue et de proposer un espace de débat citoyen. J'ai aussi beaucoup publié sur le sujet, et tous ces articles sont repris sur mon site perso ou sur mon blog.
Tout ce passe comme si, pour les politiques, ces questions étaient trop sensibles pour qu'ils daignent s'y frotter (ou alors avec démagogie - et ce n'est pas cela à mon avis la démocratie), ou trop compliquées. Le désintéressement d'un large partie du public pour la science est lui aussi très domageable à la construction d'un espace de débat et de dialogue, et à une prise de contrôle démocratique de ces questions.
Je trouve remarquable le rapport sur les nanotechnologies publié par GreenPeace UK, sous la direction de Douglas Parr, en 2003. Une des citations du rapport dit ceci "ce qui sort des laboratoires publics, ou privés, aura plus d'importance sur nos vie que l'élection d'un nouveau président ou la composition du parlement". D'ou l'importance d'un reflexion collective et d'un débat entre toutes les parties intéressés.
Mais ce que je vois aujourd'hui ressemble plus à une guerre de position qu'a une volonté (et c'est vrai de part et d'autre) de dialogue et de concertation. L'immobilisme ne nous aidera pas à sortir de ce dilemme.
Bien sûr que Monsanto fait un méchant idéal, et un repoussoir parfait. Et après ? Si ce n'est pas avec Monsanto qu'on discute, faisons le avec des scientifiques, des ONG, d'autres industriels.
Il y a une autre raison à mon pragmatisme : Il y a dans la connaissance et dans ses applications technologiques quelquechose d'irreversible. Le génie génétique est là. Des applications sont là. Utiles ou néfastes. Mais notre devoir de citoyen est, me semble-t-il, plus de chercher à comprendre et à accompagner ces évolutions, plutôt que de combattre des moulins à vent (et c'est un fanatique invétéré de Don Quichotte qui écrit ces lignes).
Le véritable enjeu est donc : Quelle démocratie voulons nous ? Ses instruments sont ils adaptés à ce qui est réellement le moteur de la société aujourd'hui (le commerce, l'économie, la technologie, ...) ?
Comment rester actif, prendre part au contrôle du train plutôt que de le regarder passer en vociférant ?
La dernière livraison de "L'état de la planète" est intéressante et donne de bonnes pistes. J'aime aussi beaucoup la démarche de Patrick Viveret dans "Pourquoi ça ne va pas plus mal" ou dans les "Dialogues en Humanité", ou celle proposée par Jean-François Noubel.
Je pense que nous sommes d'accord sur beaucoup de choses.
Amicalement,
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le 02/01/2006
"Le véritable enjeu est donc : Quelle démocratie voulons nous ? Ses instruments sont ils adaptés à ce qui est réellement le moteur de la société aujourd'hui (le commerce, l'économie, la technologie, ...) ?"
On pourrait ajouter la communication de masse.
La question pourrait être formaulée ainsi : "Quelle société voulons nous ? Ses instruments sont ils adaptés à ce qui est réellement le moteur de la démocratie aujourd'hui (la volonté du peuple de se réapproprier son avenir après une période de flottement dûe à la rapidité des changements intervenus ces vingt dernières années. Période mise à profit par les promotteurs du changement pour prendre une longueur d'avance au nez et à la barbe d'un peuple pris par surprise en voie de réorganisation ?"
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le 02/01/2006
Ce discours est si pragmatique, en effet, que mon humanisme refoulé s’agite en moi et je voudrais croire avec toi que nos discussions éclairées influencent la totalité du genre humain, que nous irons tous, soutenus par la sacro-sainte science vers un monde meilleur. Et sans doute est-ce la seule façon de raisonner car c’est la seule à priori qui est positive, qui tend vers un but, même utopique.
Mais, par ailleurs mon doute dans l’humanité n’est pas muselé, étayé par 4000 ans d’histoire. Et qu’y apprend t’on dans cette histoire, quels sont les invariants, en vrac ?
Que la recherche de la connaissance est irréversible, c’est indéniable
Que la recherche du pouvoir ne l’est pas moins, le premier étant énormément lié au second
Que la reproduction et l’augmentation de la population mondiale l’est aussi
Que toutes les belles idées religieuses ou philosophiques n’empêchent jamais les pires exactions
Que la raison est intellectuelle et la voracité viscérale… et les tripes sont plus puissantes que la matière grise.
Et cette dichotomie pollue mon raisonnement, me transforme en schizophrène dans sa forme hollywoodienne (la vraie schizophrénie n’étant pas vraiment un dédoublement de la personnalité). Mon mister Hyde mysanthrope se permet alors de poser les questions que l’on a pas le droit de poser à mon docteur Jekill humaniste qui est bien en mal de répondre. Je t’en livre en désordre quelques unes : certaines ont été inspirées par ton texte
La science apporte t’elle plus de bienfaits que de méfaits ?
Les bienfaits des applications de la science ne profitent ils pas exclusivement aux populations aisées et ses méfaits aux population dépourvues ?
La médecine est un bienfait : est-ce pertinent d’allonger ad-libitum la durée de vie des hommes dans un contexte de surpopulation ?
L’avancée de la science est irréversible : Le but de ce blog n’est il pas de dénoncer, voir de combattre précisemment les phénomênes irréversibles comme ceux que j’ai énoncé plus haut ?
Quel est le but souhaitable des sociétés humaines ? La connaissance ultime ou l’équilibre ?
Le XX° siècle est il plus joli que le XIX° qui était plus joli que le XVIII° etc ?
Si non, cette dégradation ne serait elle pas un peu due au pouvoir scientifique toujours plus puissant de la race humaine ?
Les zoulous sont ils moins heureux que les américains ?
Et d’autres …
Me voilà défenseur de l’obscurantisme, de l’inquisition, de l’excision, solidaires des imbéciles qui combattent l’avortement, du cannibalisme (quoique, pour résoudre la surpopulation …)
Non, mister Hyde, je ne boirai plus de ta potion !
Mais que faire alors ?
Tu m’as conseillé certains livres, et je les lirai si possible, à mon tour de te proposer une lecture où je crois trouver une possibilité de solution : Pierre Rabhi et son siteRépondre à ce commentaire
le 03/01/2006
Quel débat intéressant !!!
En tant que biologiste ET écologiste j'ai un avis assez partagé, mais très tranché dans chacune des parties ;)
Les ogm c'est quelquechose de passionnant scientifiquement parlant et je suis ravie d'avoir appris tout ça grâce à eux, première chose. Les ogm permettent et permettront des progrès indéniables en matière de santé humaine et animale, ne serait-ce que par une compréhension plus fine de la génétique...
MAIS les ogm doivent rester dans les labos : recherche fondamentale et recherche médical et pharma that's all !
Il ne faut en aucun cas disséminer les ogm dans la nature (vous remarquez que c'est déjà trop tard) et ce pour plusieurs raisons qui ont été évoquées mais que je rappelle a toute fins utiles
- à moyen et long terme les ogm (plantes) ne sont pas plus rentables que l'agriculture classique
- à moyen (5 ans) et surtout long terme l'agriculture Bio est plus rentable (meilleure production, produit de qualité, peu de perte de qualité du sol, etc.) que les ogm et que l'agriculture classique
- la culture ogm nécessite plus de pesticides que la culture classique (c'est dire)
- les champs d'ogm ont bcp moins d'insectes que les classiques (et ne parlons pas du bio bien sûr)
- la recherche et la culture de variants ogm occultent une bien triste réalité nous ne cultivons plus qu'une 10zaine de plantes dans le monde, toutes hypersélectionnées et dans de nombreux pays de plus en plus ogm. Le fait de ne plus cultiver que ces espèces poussent à la disparition des milliers de plantes intéressantes en terme de nutrionnel, médical, de resistance etc. je pense en particulier aux Pays du Sud mais le prob est le même chez nous. Si on s'échinait de la même manière à réhabiliter ces variétés on n'en serait pas là avec la faim dans le monde. Oui mais les anciennes variétés ne sont pas brevetables donc ne sont pas rentables.
- les génes modifiés se transmettent il n'y a plus de doute la-dessus (des plantes de moutardes sauvages jusque dans les nappes phréatiques et les bactéries du système digestif humain). De là à dire qu'il y a danger pour la santé je n'en sais rien, mais danger pour la biodiversité il n'y a aucun doute.
- en conséquence de quoi la culture bio ne peut cohabiter avec la culture ogm (la culture bio est déjà obligée d'accepter un certain seuil d'ogm même en Europe).
- la culture ogm rend le paysans complétement dépendant des multinationales pour les graines et pour les produits phytosanitaires.
- etc etc.
Je dois partir mais je pourrais développer plus.Perso donc recherche fondamentale ogm ok, recherche appliquée en labo srictement contrôlée ok, ogm dans l'environnement NON et encore NON
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le 03/01/2006
Autre ressource, à priori très sérieuse (mais en anglais seulement pour l'instant, il faudra attendre quelques mois pour la version française) sur le site www.greenfact.org :
http://www.greenfacts.org/gmo/index.htm
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le 05/01/2006
"Le futur se change avant tout au quotidien chez soi et dans son entourage"
Mille milliard de fois d'accord.
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le 14/01/2006
et le principe de précaution ?
désolé mais je ne peux adhérer au concept OGM car la nature humaine reste constante depuis l' aube de l' humanité : dès qu' une source de profit pointe le bout de son nez, il existe toujours au moins un individu pour en user et en abuser sans se soucier le moins du monde des conséquences parfois dramatiques (exemple le Vioxx aux USA) que cela peut avoir pour les autres êtres humains voire la planète entière (exemple les CFC). En vertu du grand principe "si ce n' est pas moi qui en profite , un autre mangera le gâteau à ma place", le XXème siècle a vu défiler les scandales dont les victimes se comptent en ( dizaines de ) milliers :
- l' amiante (125000 décès prévus par l'OMS en Europe d' ici à 2020)
- le sang contaminé ( plus de 12000 morts rien qu'en France chez les hémophiles et les transfusés)
- l'amalgame dentaire (en cours !)
- le téléphone portable (sûrement le prochain best seller d' ici 5 à 10 ans!)
- les médicaments dont les études sont bidonnées vu les profits générés ( Prosac, Vioxx...)
- les vaccins (cf ligne du dessus)
- les métaux lourds (mercure, argent, zinc, présents dans notre alimentation)
- les CFC (qui détruisent la couche d' ozone)
- la Star Academy (décérébrés par milliers dûs à une overdose de TV et de Nikos).NON ! je plaisante ! (quoique...!
Pourquoi les OGM feraient-ils exception à la règle ? Mais savez-vous au moins ce que veulent en faire les sociétés qui les fabriquent ? Ces charmantes personnes veulent breveter le vivant ! Et oui ! Ils espèrent le vivant comme LE marché juteux du XXI ème siècle ! Il ne se passe pas une semaine sans qu'une demande de brevet mondial n' émane d' une des nombreuses sociétés d' ingenering génétique concernant un animal ou un végétal. Imaginez-vous ce qu'ils veulent faire ? Lorsque le moindre cochon, poulet, la moindre vache ou le moindre végétal sera breveté par une de ces sociétés, pas une personne sur la planète ne pourra plus faire pousser ou élever quoi que ce soit sans être susceptible de devoir payer des droits ou des royalties ou une quelconque licence à une de ces sociétés ...
Alors, toujours aussi partants pour les OGM ? Je pense que l' enfer est toujours pavé de bonnes intentions. Si l' idée de départ est souvent bonne, la mise en application a tellement de probabilité de dérive que l' application du principe de précaution est à mon avis obligatoire.
Bonne courte nuit à tous (5 h du mat !) et à bientôt pour que je vous parle du risque de contamination croisé avec les OGM entre règne végétal et animal !
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le 09/04/2006
J'arrive bien tard dans le débat vraiment de haut niveau (bravo aux interenants pour la pertinence de leurs commentaires)
Je voudrais juste signaler une analyse de Greenpeace, sur les OGM en Espagne, qui n'est rien moins qu'inquiétante.
http://www.greenpeace.org/france/news/l-espagne-contaminee-par-les-o
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