Les bio carburant polluent aussi
Mots clés biocarburant
Les biocarburants, souvent présentés comme LA solution pour lutter contre le réchauffement climatique, pourraient ne pas être la panacée imaginée par certains. Un spécialiste des sciences atmosphériques de l'université de Stanford, en Californie, Mark Jacobson, s'est ainsi livré à des projections pour savoir quel pourrait être l'impact atmosphérique d'une généralisation des biocarburants à l'horizon 2020.Si l'ensemble du parc automobile des Etats-Unis était converti à l'éthanol (c'est-à-dire de l'alcool distillé à partir de plantes), le nombre de décès liés à la pollution augmenterait de 4 % environ, selon cette étude parue dans la dernière édition de la revue Environnemental Science & Technology.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-900332,0.html
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| Imprimer | Articlé publié par Olivier le 23 Avr. 07 |











le 24/04/2007
Je note l'argument présenté dans l'article à propos du surplus d'ozone, mais les avantages avancés par quid-novi dans les commentaires du monde semblent largement compenser ce problème. Les agrocarburants posent deux problèmes beaucoup plus fondamentaux et fortement liés: la mise en concurrence des terres avec l'agriculture et le bilan énergétique global qui n'est pas forcément positif.
Pour obtenir des agrocarurants en quantité suffisante, il faut dédier de grandes surfaces aux cultures énergétiques (colza, betteraves et cannes a sucre, palmier). Les deux plus grands producteurs mondiaux, le Brésil avec la canne à sucre et l'Asie du sud-est avec les palmiers prennent ces terres à la forêt. Il semblerait qu'au Brésil la légère ponction sur l'Amazonie soit compensée justement par l'utilisation massive du bioéthanol, mais en Asie, le résultat est déjà désastreux. Si les agrocarburants se généralisent, ils ne feront que précipiter les déforestations. On peut aussi reconvertir des terres agricoles traditionnelles puisqu'aujourd'hui on produit de quoi nourrir 12 milliards de personnes alors que nous sommes "que" 6 milliards sur Terre. Encore une fois, ce calcul n'est pas durable: l'effet de serre va commencer à réduire les espaces cultivables et la part des terres consacrées aux agrocarburants devra rester mesurée.
D'autre part la production même des agrocarburants risque de produire plus de gaz à effet de serre qu'elle ne permet d'en économiser. Tout d'abord, si on continue d'utiliser engrais et pesticides pour les cultures, produits à base de pétrole. Ensuite pour le transport du carburant. Le plan biocarburant francais ( http://www.industrie.gouv.fr/energie/renou/biomasse/biocarb-plan.htm ) prévoit 5.75 % d'agrocarburants dans l'essence d'ici 2010. Au vu de la consommation actuelle, l'ensemble des terres cultivables de France plus celles en jachères suffiraient tout juste à permettre ce pourcentage. Or, il devient tout de suite moins intéressant de faire venir des agrocarburants du Brésil ou d'Asie si le but est de lutter contre l'effet de serre.
L'article du monde se termine ainsi:
Non seulement c'est cher payé, mais il n'est pas acquis que ca fonctionne. Il semble que la solution la plus simple, la plus efficace et la moins couteuse, réduire la consommation, ne soit toujours pas au programme.
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le 25/04/2007
Vous trouverez cette demande de moratoire à signer et à transmettre sur le site de l'association Kokopelli :
http://www.moratoire-agro-carburants.com
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le 11/10/2007
bonjour,
j'ai entendu à la radio qu'une recherche était lancée dans le domaine des carburants alternatifs avec les algues microscopiques de nos eaux de rivière. (diatomées il me semble)
L'enjeu serait également de lutter contre l'eutrophisation des eaux dû à notre mode d'agriculture et les rejets en eaux usées.
Le potentiel de production serait meilleur au m2 que les agrocarburants d'après les dires du media (France info)
En consultant sur internet, j'ai trouvé un article à ce sujet écrit par Olivier Danielo :
"La production du biodiesel algal à l’échelle industrielle
Il n’y a pas meilleurs capteurs solaires au monde que ces organismes photosynthétiques microscopiques. Leur croissance est très rapide : il est possible d'effectuer une récolte complète en quelques jours, ce qui n’est pas le cas du colza ou du blé. Leur culture automatisée dans des bassins ou des bioréacteurs est aisée. Des expériences ont été menées à Hawaï, en Californie et au Nouveau Mexique. La ferme à ciel ouvert de Roswell au Nouveau Mexique a une surface de 1000m2. L’influence du pH, de la température diurne et nocturne ainsi que d’autres paramètres physiques y ont été étudiés pour accroître la productivité des algues. Le gouvernement japonais à d’autre part lancé un programme de recherche et développement sur des réacteurs fermés à base de fibres optiques permettant de réduire la surface nécessaire pour la production et une meilleure protection contre les contaminations.
Le rendement des diatomées et chlorophycées est nettement supérieur que celui des plantes terrestres telles que le colza car ce sont des organismes unicellulaires; leur croissance en suspension dans un milieu aqueux leur permet un meilleur accès aux ressources : eau, CO2 ou minéraux. C’est pour ces raisons que les algues microscopiques sont capables, selon les scientifiques du NREL (John SHEEHAN et al) « de synthétiser 30 fois plus d’huile à l’hectare que les plantes terrestres oléagineuses utilisées pour la fabrication de biocarburants ». On parle ici de rendement à l’hectare car le facteur important est non le volume du bassin mais la surface d’exposition au soleil. La productivité est mesurée en terme de biomasse (kg d’algue ou d’huile) par jour et par unité de surface. Les comparaisons sont alors possibles avec les plantes terrestres. Michael BRIGGS, Professeur à l’Université du New Hampshire, estime que la culture de ces algues sur une surface de 38 500 km2 située dans une zone bien ensoleillée telle que le désert de Sonora permettrait de remplacer la totalité du pétrole consommé par les USA. L’intérêt de cette biotechnologie est donc immense. Les zones arides peuvent être utilisées pour les cultures des algues, là ou le flux solaire est important et où les activités humaines par exemple agricoles sont absentes. Elles peuvent même se nourrir de nos déchets et jouer un rôle important dans le traitement des eaux usées, ainsi que par exemple des déjections des élevages porcins ou aviaires sources de nitrates et de phosphates à l’origine de phénomènes d’eutrophisation des eaux."
Depolluer nos eaux pour produire du carburant, une piste pour l'avenir ?
je lance donc le débat...
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