L'AFNOR cède aux pressions des lobbies du commerce équitable
Cependant, les «ténors» du CE (La plate-forme du commerce équitable, la fédération Artisans du Monde et Max Havelaar France) font pression sur l’association pour établir des règles selon leurs propres et exclusives volontés.
Ces pressions tendent notamment à ne définir le commerce équitable qu’en temps que marque, au détriment de toute vison ou volonté politique ou démocratique.
Les deux points essentiels qui portent atteinte au développement d’un commerce réellement équitable sont :
- L’instauration d’un prix minimum garanti par les «associations de tutelle», supprimant ainsi leur liberté de négociation aux petits producteurs notamment selon la qualité des produits.
- Le refus d’imposer une équité sur l’ensemble de la filière, autorisant ainsi certains acteurs de cette filière à augmenter les marges bénéficiaires, surtout en fin de chaîne (grandes surfaces par exemple).
Il semblerait donc que le commerce équitable soit dores et déjà devenu la cible des géants de la grande distribution qui, avec l’aide de certains acteurs du CE transforment cette démarche humanitaire et humaniste en simple niche commerciale et marketing.
Pour que le commerce équitable le reste, il nous faut rester vigilants et agir pour que nos idées se développent et que nos attentes soient entendus des politiques et des législateurs.
Voir les articles sur le site de Minga :
http://www.minga.net/
Et sur le site de Quatre mâts :
http://www.quatre-mats.org/article.php3?id_article=15
mots clés: commerce Equitable
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| Imprimer | Articlé publié par ChicPla.Net le 26 Déc. 05 |









le 27/12/2005
Peut-on parler de "lobbies" du commerce équitable ? On a pu clairement parler du lobbie de l'industrie chimique pour vider la directive REACH de son contenu. Mais peut-on parler de lobbie pour les associations qui ont créé et développé le concept de commerce équitable contre vents et marées, un concept central dans le développement durable? Elles veulent aujourd'hui le défendre contre les tentatives de récupération de la grande distribution. Peut-on parler de lobbie à ce propos, comme du lobbie de l'industrie chimique ?
A qui appartient le concept de commerce équitable ?Qui peut définir les critères permettant de distinguer ce qui est du commerce équitable et ce qui ne l'est pas ? Il me semble que ce sont les associations qui l'ont créé et dévéloppé.
Si des entreprises de grande distribution veulent surfer sur la sympathie que les associations de commerce équitable ont su créer dans le grand public, ou bien elles respectent les citères définis par ces associations, ou bien elles appellent ce qu'elles font, autrement que du commerce équitable : de l'aide, de la solidarité, des restos du coeur pour les pays du sud, ...
Le commerce équitable, ce n'est pas de l'aide. C'est une manière de sensibiliser le grand public au fait que 99 % du commerce mondial actuel n'est pas équitable. Et ça, ce n'est pas négociable.
Ce qui est confus dans votre article :
Une oeuvre utile d'information consisterait à expliquer clairement :
Jean-Marie Beguin, membre du Réseau de Consommateurs Responsables, en Belgique.
Répondre à ce commentaire
le 27/12/2005
Tout d’abord, je suis heureux de constater que cet article soulève des interrogations, car tel était son but.
Le mot
lobby désigne un groupe de pression désirant modifier ou influencer les décisions
des pouvoirs publics. Je pense que dans ce sens, il peut s’appliquer aux
associations concernées par mon article.
Pour répondre à vos critiques (au sens constructif du terme) :
Ces mêmes associations que je ne présente pas comme des dictateurs, mais pour lesquelles je m’inquiète quand à leur capacité à réagir positivement au magnifique développement de cette alternative (qu’elles ont contribuée à créer) sans céder à la tentation du «magister populi». En effet, il serait bon que les «pater» du mouvement tiennent compte de façon plus équitable de l’avis des enfants à qui elles ont donné le jour y compris les petites associations qui ont quitté la table de discussion parce qu’elles étaient lassent de crier dans le désert.
Concernant les critères que dénoncent les «petits» contestataires, je les ai décrit dans l’article :
2 Le refus par les grands distributeurs, appuyé par les G.A.N., de l’application des critères du commerce équitable sur l’ensemble de la filière.
Pour la différence entre un label et une marque, les explications les plus pertinentes sont sur le site de l’AFNOR. Cependant, je tentais surtout d’attirer l’attention sur le fait que les négociations tendaient à définir une norme (une définition légale du commerce équitable, le label étant l’affaire des organismes labellisant type «Max Havelaar» ou «Fair trade Labelling Organizations») et non pas à qui devait revenir les bénéfices de cette normalisation.
Pour finir, je reconnais que mon article aurait pu être plus fourni en liens vous donnant la possibilité de vous faire une idée par vos propres recherches.
Donc :
AFNOR :
http://www.afnor.fr/portail.asp
Quatre Mâts (association présente aux négociations et contestataire) :
http://www.quatre-mats.org/article.php3?id_article=15
Minga (idem Quatre Mâts)
http://www.minga.net/article.php3?id_article=374
Bonne navigation
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le 06/01/2006
Communique concernant la reprise des travaux de l'AFNOR
Juillet 2005
De la part des organisations :
Minga
Bio équitable
Breizh Ha Reizh
A l’initiative du Secrétariat d’Etat à l’économie solidaire en 2002, l’AFNOR, Association Française de Normalisation, a engagé un travail sur le sujet du commerce équitable. Ces travaux, menés pendant 3 ans par plus de quarante organisations et institutions, ont connu plusieurs rebondissements.
La PFCE, la fédération Artisans du Monde et Max Havelaar France, s’auto-proclamant seuls « représentants du commerce équitable en France », ont pratiqué pendant deux mois le « chantage à la chaise vide » en exerçant des pressions auprès du ministère de la coopération pour accaparer les subventions sans aucun respect pour les autres participants et les travaux de l'Afnor.
Renforcées par les assurances pécuniaires obtenues, les trois organisations ont réussi à bloquer la publication du fascicule de documentation qui résulte des travaux engagé à l’Afnor.
Elles ont fait alliance avec l’aile la plus libérale de l’UMP pour restreindre la question du commerce équitable à une approche exclusivement tiers-mondiste. La publication du rapport du député Hertz a servi de justification officielle pour dessaisir le délégué interministériel aux normes après la fin des travaux qui s’était conclu le 17 mars 2005.
Depuis, le gouvernement n’a pas hésité, à l’occasion de plusieurs conférences de presse, (parfois sponsorisées par des sociétés privées telles que Malongo !), à critiquer le travail effectué, criant haut et fort qu’il était nécessaire « que l’Afnor revoit sa copie » et à désavouer les services de l’Etat engagés dans le travail. Et quel manque de respect envers les organisations, les entreprises et les associations engagées à leur frais dans ces nombreuses réunions à Paris !
Le 13 Juillet le gouvernement fait adopter au sein du « Projet de loi en faveur des petites et moyennes entreprises » dont l’article 60 limite le commerce équitable à « l’échange de biens et de services entre des pays développés et des producteurs désavantagés situés dans des pays en développement ». Le texte précise ( !) qu’une « commission d’agrément » sera créée par décret en Conseil d’Etat.
Le 26 juillet dernier, lors de la reprise des travaux de l’Afnor, le gouvernement a indiqué qu’il souhaitait intégrer sa contribution au texte final. Sans surprise, cette contribution reprend mot pour mot le point de vue des trois organisations et revient sur des points qui ont déjà été longuement débattus par la commission et rejetés par la grande majorité de ses membres.
En refusant l’examen des pratiques commerciales, le gouvernement enferme le commerce équitable dans une approche exclusivement tiers-mondiste. Il le réduit ainsi à une niche commerciale qui ne fait en rien évoluer les rapports marchands. Il entérine un monopole privé de certification sans lui astreindre les contraintes légales d’un label. Sous couvert de protéger le commerce équitable, il enrégimente cette notion pour servir les intérêts de Max Havelaar dans les liens exclusifs que cette marque commerciale souhaite construire avec la grande distribution.
Équitable ou non, le mot commerce a un sens précis et ne saurait être limité à une quelconque zone géographique ni à un seul segment de filière, ce qui permettrait tous les abus. Il en est de même des mots équité et équitable. En ce qui nous concerne, nous nous opposerons par tous les moyens à notre disposition à ce détournement de sens.
Nous réaffirmons que la qualité d'une démarche qui se réclame d'un commerce équitable doit pouvoir s’appliquer à toute transaction commerciale et être fondée sur l’examen des pratiques tout au long des filières et non sur l'appartenance à telle ou telle organisation nationale ou internationale.
La logique dérogatoire par cooptation nous semble contraire aux convictions que nous défendons. Dans un Etat de droit, c'est la Loi qui protège et non la bienveillance du prince qui octroie à certains la possibilité de déroger à la règle.
C'est le droit commercial national et international que nous aspirons à faire évoluer et non l’édification d’une petite niche commerciale qui prospère en culpabilisant le consommateur sur la misère du monde. C'est à l’intelligence du citoyen qu'il faut s'adresser et non jouer avec ses émotions, ses inquiétudes et ses frustrations. Si les consommateurs ont besoin de repères, se contenter de cette réponse générera tôt ou tard la suspicion.
Si le fascicule de documentation n'est pas parfait, il a au moins le mérite de poser les bases d'un référentiel commun, quels que soient nos points de vue et nos pratiques. Sur bien des critères, il nous semblait déjà bien au-delà de ce qui se pratique chez certains des acteurs qui ont publiquement considéré que ce document légitimait un commerce équitable au « rabais ». Faute d’avoir pu être éclairé précisément sur le contenu de leurs cahiers des charges et sur leurs pratiques, nous mènerons notre propre enquête pour comparer nos propres démarches, certes modestes, à cette « avant-garde » du commerce équitable.
En épousant la totalité des thèses de Max Havelaar, le gouvernement entérine une logique qui exonère les entreprises qui commercialisent un produit qualifié d'« équitable » de leurs responsabilités sociale et environnementale au nom de l'amélioration des conditions de vie de quelques producteurs de « pays en développement ». Cette amélioration reste d'ailleurs à apprécier. De plus, la croissance rapide des volumes et des références conduit à s'interroger sérieusement sur la qualité « équitable » des produits commercialisés comme tels par la grande distribution, qui renforce ainsi sa domination sur le marché.
Cette orientation pénalise le développement économique d’un commerce équitable ; elle s’oppose aux logiques de développement local et de circuit court que nous souhaitons promouvoir, ici comme à l’autre bout du monde. Elle méprise les risques pris par les professionnels qui assument des choix d’équité commerciale et profite aux intérêts des « professionnels de la morale » et du marketing « éthique », souvent financés par des fonds publics.
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