Et si on arrêtait de nettoyer les plages ?

Voici une photo envoyée par Surf Rider Fondation sur Facebook.
Lundi 21 mai 2012, après le gros épisode pluvieux des deux derniers jours qui a vu des records de précipitations enregistrés dans la région pour un mois de mai, les eaux gonflées de l'Huveaune ont été le réceptacle d'une quantité massive de déchets. Plastiques en tous genres, canettes aluminium, etc. Pas moins de 51 pneus échoués étaient visibles sur la plage.
Finalement, on a de la chance qu'ils aient chopé la photo avant que la mairie ne nettoie la plage.
Un des commentaires de la photos invite à arréter les nettoyages de plage.
J'ai participé à de nombreux nettoyage de plage, mais j'avoue que ce point de vue me fait réfléchir....Ne nettoyer AUCUNE plage ou portion de littoral : qu'il faille déblayer des tonnes de déchets pour atteindre le sable et s'y étendre, au plus fort de l'été.Que chacun soit en mesure de vraiment constater certaines des conséquences de notre mode de vie et se décide, par réaction, à tenter d'influer sur la conduite du monde afin que cela change !Nettoyer les plages est un crime contre l'humanité (non reconnu à ce jour malheureusement...) pratiqué par une nouvelle sorte de culs bénits qu'on appelle communément "écolos" me semble-t-il...Un comble en fait quand on pense qu'ils voudraient "sauver la planète" (qui n'en n'a rien à foutre la pauvre...) et agissent de façon telle (en effaçant certains symptômes) qu'une fraction de la population ne pourra pas prendre la juste mesure de certaines atteintes vraiment flagrantes à notre milieu...
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| Imprimer | Commenter sur Quotidien Durable | Articlé publié par Olivier le 24 Mai 12 |
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le 24/05/2012
Sinon, c'est vrai que c'est un point de vue qui se défend. Laisser à chacun l'opportunité de constater les dégats... et de réagir.
D'un autre côté, l'idée que tout ça retourne dans l'eau à la première vague/pluie venue...
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le 28/05/2012
C'est une réflexion surprenante, mais assez pragmatique.
Toutefois je me demande si les témoins de l'horreur vont aller bien loin dans leur réflexion, j'ai peur qu'ils se disent en majorité "la plage ici est dégoûtante, nous ne reviendrons plus "... Il faudrait que ce soit généralisé. Or notre société de consommation et de loisirs ne permettra jamais cela : il faut être concurrentiel, avoir un beau littoral pour attirer des touristes.
Une autre idée pourrait être un graaaaand conteneur transparent pour exhiber le ramassage du jour.
Personnellement pour avoir nettoyé notre plage voisine en pleine affluence touristique, alors que beaucoup de monde bronzait et se baignait, je peux dire que je n'ai reçu ni un sourire, ni un commentaire, ni aucune aide, ni une question. C'était une initiative personnelle pendant que mes enfants jouaient dans le sable, et je me suis sentie bien seule. Comme à chaque fois où j'ai ramassé des débris sur les plages de manière spontanée. J'en ai retenu l'impression qu'il faudrait presque avoir honte en ramassant pour les autres.
Tout ça me fait penser à la Gloïre dans l'Arrache-Coeur de Boris Vian... Bref, la dérive humaine symptomisée par la mer.
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le 29/05/2012
"j'ai peur qu'ils se disent en majorité "la plage ici est dégoûtante, nous ne reviendrons plus "
Certains auront ce réflexe mais si aucune plage n'est nettoyée ils feront partout chou blanc : peut-être alors commenceront-ils à se poser quelques questions.
"il faut être concurrentiel, avoir un beau littoral pour attirer des touristes" : je crains que nous soyons au début de la fin du tourisme de masse de toutes façons, une fin qui pourrait arriver très vite (pb économiques, energétiques ... ).
Ce jour là, quand le déclin se fera vraiment sentir nous serons tous beaucoup trop centrés sur des tentatives pour maintenir notre "niveau de vie" (et pour beaucoup à la recherche d'un moyen pour survivre "à peu près dignement") pour penser aux plages.
Nous sommes dans la dernière ligne droite d'une ère au cours de laquelle "nous" (les européens des pays les plus riches) avons bien vécu, grassement.
Cette ligne droite peut trouver deux conclusions opposées :
- une révision profonde de nos systèmes (financiers, de consommation etc... soit des bases de fonctionnement économique / énergétique de nos sociétés) : un changement de paradygme nous conduisant vers d'autres formes de confort et de consommation etc...
- aucune révision et une succession de déconvenues matérialisées par une paupérisation croissante (qui a déjà commencé d'ailleurs) nous laissant avec des capacités de réaction très amoindries.
En l'état actuel des choses c'est la seconde hypothèse qu'il faut (malheureusement) retenir.
Alors exploitons pleinement les possibilités que nous avons encore, dans cette dernière ligne droite, pour tenter le tout pour le tout et même tenter de faire réfléchir des personnes dont nous doutons tout à fait des capacités qu'elles ont à le faire.
J'ai pris conscience vers 20 ans de l'état déjà assez dégradé du monde à cette époque et cela fait maintenant plus de 40 que j'observe des myriades de beaux discours qui ne changent rien tandis que les dégradations vont croissantes à un rythme sans cesse accéléré.
Parce-que nos politiques font absolument ce qu'ils veulent, et continueront ainsi aussi longtemps que "la base" (nous) ne les soumettra pas à une pression assez insupportable pour qu'ils décident de changer.
Mais cette foutue base ne réagit pas, soit qu'elle soit assez ignorante, soit qu'elle soit stupide, soit qu'elle soit informée mais ne relaye pas assez et assez systématiquement toutes les informations qui devraient nous alarmer et nous pousser à réagir, soit qu'elle se dise "après moi le déluge".
On pouvait raisonner de cette dernière manière il y a 20 ans encore (et là je suis sympa...) mais maintenant ce n'est plus le cas, même pour moi à plus de 60 : c'est très probablement au cours de notre vie (et peut-être de la mienne) le déluge (c'est à dire de très grosses pertes à subir et la nécessité de s'adapter à une vie devenue beaucoup plus difficile).
Nous sommes donc plus que mal partis et devons maintenant faire feu de tout bois pour tenter d'éviter des situations très très désagréables à venir.
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le 31/05/2012
Un proche me répète ce genre d'arguments depuis des lustres, il refuse aussi de trier ses déchets arguant du fait que ce n'est pas à lui de travailler alors que l'on continue à produire des emballages qui ne conviennent pas. Que cela continue à faire tourner le système et que ce n'est pas comme ça qu'il s'écroulera. Certes. Je ne peux lui donner tord et je respecte son point de vue (et je l'adore). Mais perso je peux pas. J'ai par exemple récemment trouvé 2 bouteilles en verre remplies de scarabées morts en pleine forêt, et d'autres vides à côté, alors oui j'aurais pu les laisser pour l'exemple mais qui s'en fou des scarabées ? Moi ! donc je le fais c'est tout.
Concernant les déchets sur les plages, (et le mazout). Les infos récentes sur l'état des océans sont pour beaucoup catastrophique, la quasi totalité des océans seraient plasticisés (bon y'a pas de terme français quoique plastiquer s'en approche dans le concept...), http://edition.cnn.com/2012/05/21/world/asia/algalita-eco-solutions/index.html la concentration en plastique de la méditerrannée serait supérieure au 7ème "continent" (de microparticules de plastiques) http://www.actu-environnement.com/ae/news/expedition-MED-scientifiques-microplastiques-mediterranee-ingestion-poissons-15700.php4. La vie des océans (celle que nous connaissons du moins) est menacée dans plein d'endroit, aujourd'hui ou plutôt déjà hier. Tout ce qui est sur une plage y finira et y restera aussi longtemps que sa durée de vie, et passera par le transit de plusieurs bestioles pendant plusieurs générations qui en seront mort (ou qui nous auront nourris). Il y a dans les océans des espèces extraordinaires, dont certaines sont là depuis des lustres (bien avant que l'on parle de primates) et dont je ne me fou pas non plus. Aujourd'hui je suis pas loin de penser que seules celles qui s'adapteront à la soupe de plastique (matériau somme toute récent sur terre, la nouvelle soupe originelle ?) s'en sortirons. (+ changement climatique, hydrocarbures et acidification entre autre).
Si c'est juste pour marquer les esprits je propose de nettoyer toutes les plages encore +/- sauvages et de tout verser sur les plages à touristes dans les villes balnéaires (la majorité se regroupent en masse sur quelques cm² de plages) mais en s'assurant que rien ne puisse retourner à la mer ou dans le sable et en enlevant le tout à la fin de la saison. C'est déjà ce qui se passe dans plein d'endroit du monde et un tas de gens s'y ruent... C'est un super concept :D (bon en inversant les plages, distantes de quelques km à peine, et en ne nettoyant rien évidemment ce qui fait des jolies montagnes bariolées au bout de quelques années).
Ceci étant, vous les trouvez si peu visibles vous les déchets sauvages dans votre vie, en vacances ou pas ? Et ça change quelque chose ? Vous le trouvez pas hideux ce béton qui s'étend partout ? Et ça change quelque chose ? Des tas de gens sur terre et des tas d'espèces vivantes se sont déjà adaptées à vivre dans les déchets au jour le jour (la tache est dantesque), on s'habitue à tout. Ici on a juste - pour l'instant - un peu plus de sous ou de temps - pour en enlever et "éliminer" quelques uns...
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le 01/06/2012
"Et ça change quelque chose ?"
Excellente question !
Rien de rien jusqu'à maintenant, mais seulement peut-être parce-qu'un seuil de saturation n'a pas été atteint.
Si cette hypothèse est bonne et si tous les raisonnements du monde n'ont eu aucun effet laissons advenir cette saturation : quand nous serons très nombreux à trouver beaucoup de choses vraiment horribles, que cela nos tue (extrême) ou nous inspire trop de répulsion, nous serons nombreux à réagir.
Cela ne change rien jusqu'à maintenant tout comme "être écolo" et vivre selon des principes "écolo" ne change rien et ne changera jamais rien tant que ce sera la caractéristique d'une minuscule minorité, et c'est bien pourquoi : "Développement durable, un rêve ?".
"Aussi longtemps que nous n'aurons pas défini le schéma d'une société reposant sur cet « autre équilibre économique et social » la locution « développement durable » risque de demeurer assez creuse car d'un impact négligeable dans les faits...
Un rêve donc..."
On pourra donc nettoyer les plages pour se donner bonne conscience mais, si l'on a un minimum de clairvoyance, avec la certitude que cela ne changera rien à rien !
Selon une vieille expression bien consacrée : "aussi efficace qu'un cautère sur une jambe de bois"...
Drôle quand même que la bonne conscience puisse s'acquérir à coup de sacs poubelle, version moderne de la vieille BA scoute...
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le 02/06/2012
"Un effondrement économique se traduisant pas une baisse massive de la population se produira aux alentours de 2030.
Le désastre n'est donc plus loin de nous, mais tout proche. 2020 est d'ailleurs considéré par certains experts comme une date plus probable."
1972-2012 : le Club de Rome confirme la date de la catastrophe
Une "baisse massive de la population" = la survie de tous n'est pas assurée : qui ne grandira ou ne vieillira pas en paix ?
"Nous pensons pour notre part que certains décideurs, discrets mais influents, prennent au contraire ces prévisions très au sérieux et se préparent, évidemment par la force, à protéger leurs avantages face à la révolte des milliards d'humains qui seront touchés par le futur effondrement."
Eh oui, tous les états majors planchent sur le sujet des conflits à venir, massacres en vue ?
Nous aurons alors d'autres soucis que de nettoyer les plages.
Aux brises littorales nos ossements blanchiront tranquillement sur un tapis de sable et de débris plastiques...
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le 06/06/2012
L'idée n'est pas mauvaise, mais je ne suis pas sure que les gens est assez de conscience pour changer leur comportement du jour au lendemain, malheureusement !
Nous vivons dans un monde où la consommation est maîtresse, et où les gens pensent à leur petit confort personnel avant de soucier du bien-être de notre planète !
Gardons tout de même espoir, et même en minorité ne baissons pas les bras !!
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le 15/06/2012
C'est vraiment affreux de voir voir cette photo mais je ne suis pas sûre que ça fasse vraiment réagir les gens ou alors ce serait encore plus lamentable que ce soit des extrèmes comme ceux-là qui leur fassent prendre conscience qu'il faut faire quelque chose. Les gens sont trop individualistes pour s'imaginer qu'un seul geste de leur part peut changer quoique soit. Il y a tant de déchets parce-qu'une personne, puis une autre, puis encore une autre s'est dit que ce n'est pas sa petite bouteille qui polluera plus qu'une autre. C'est ça qu'il faut retenir, chacun a son rôle à jouer mais tout le monde se dit que quelqu'un d'autre s'en chargera.
Je n'ai pas retenu le nom de la personne qui disait qu'elle nettoie seule les plages sous le regard des gens qui ne disent rien, franchement: RESPECT et Honte à ceux qui regardent alors que l'idée leur a certainement traversé l'esprit. N'aies surtout pas honte de ce que tu fais, c'est vraiment salutable et honorable.
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le 19/06/2012
Le point de vue est certes assez extrême, mais il a au moins le mérite de lancer des pistes de réflexion. Ne pas nettoyer les plages: pourquoi pas? Après tout, il faudra bien qu'un jour les gens se rendent compte de leur réel impact sur la nature en général et sur la mer en particulier.
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le 26/09/2012
ca fait quand même très peur de voir ça...malheureusement je ne suis même pas convaincu que les gens changeraient leurs comportements en voyant ça....Ce que je vois surtout c'est qu'en France comme ailleurs on est pas plus propres que les autres. Chez nous ça reste propre car il y a des gens qui ramassent toute la journée pour nous....
Je suis sur qu'en laissant la plage non nettoyée des gens seraient capables de se plaindre car on a pas nettoyé, mais a aucun moment ils se diraient que c'est peut être de leur faute...
Exactement comme ceux que je vois jeter leurs mégots et que ensuite vous disent que les gens sont des porcs...
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le 20/11/2012
Je suis néophyte dans la question, mais peut-être peut-on se demander d'où viennent ces déchets ? Je ne pense pas (vu la concentration sur une plage) que ce soit des touristes qui les jettent sur la plage, ni même des bateaux qui balanceraient leurs déchets par dessus bord. J'en viendrais donc à conclure que ce sont des déchets provenant de décharges...
Et donc, si on les ramasse et qu'on les y renvoit, n'est-ce pas un coup d'épée dans l'eau ?
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le 16/01/2013
Voila qui rejoint un peu de la pensée d'Etienne Chouard sur la recherche des causes de nos problemes.
Notre gros défaut est de s'attaquer aux conséquences des problemes et non pas aux causes. De ce fait on ne résoud en rien le probleme mais on le masque simplement.
Voir aide humanitaire en afrique qui permet de se donner bonne conscience alors qu'on y instaure des dictatures, que notre FMI y impose ses regles aboutissant à l'endetement et la dépendance alimentaire et que nos firmes y font d'énorme dégats sociaux, economiques et ecologiques...
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le 17/03/2013
Nous vivons à l'ère de l'information numérique... Attendre que les plages deviennent sales juste pour que quelques touristes puissent le voir est un non sens ridicule. Probablement la pire approche communicative qu'on puisse imaginer.
Vous voulez changer des millions de mentalités ? Faites une communication efficace. Laissez UNE seule plage dégueulasse, faites un reportage digne de ce nom, avec des chiffres, des images et une campagne d'information efficace chez les adultes comme chez les enfants. Attaquez l'industrie en amont, faites pression pour développer des plastiques biodégradables, taxez les pollueurs. Les solutions existent, et laisser les plages sales n'en fait pas partie. Ha, mais oui, faut se bouger... pas donné à tout le monde, parler est bien plus facile.
Cette réflexion n'est finalement qu'un prétexte radical à l'immobilisme éclairé (qui plus est intolérant et insultant pour les gens qui se bougent, pour changer). Tout ça transpire de bienpensace et d'idiotie crasse (comme les plages).
En attendant, des millions d'animeaux mangent nos merdes abandonnées sur les plages, en crève, mais surtout laissons tout au plan... faudrait pas être trop responssable non plus ! A bon entendeur.
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