Diesel et Biodielsel
Ce comparatif a été réalisé à l'aide de la méthode d'analyse du cycle de vie des produits qui vise à prendre en compte les impacts environnementaux de toutes les étapes du cycle de vie d'un produit, allant du prélèvement des ressources aux déchets et rejets provoqués. C'est une méthode assez difficile à mettre en place car longue et fastidieuse mais très pertinente dès qu'on parle d'environnement.
Pour comparer les deux carburants, le scénario supposait une utilisation dans des bus de transport en commun. Les données utilisées proviennent principalement de bases de données comme celle d'Eco-Invent manipulées avec le logiciel SimaPro 6. Le biodiesel fut considéré comme provenant du soja, le diesel lui, de 4 sources de pétrole (offshore/onshore, proche/éloigné) réparties également.
Comme le sous-entend le titre, le résultat du biodiesel n'est pas particulièrement reluisant. Au contraire, il aurait plutôt tendance à avoir des impacts environnementaux supérieurs au diesel. Certes, le biodiesel émet, à la combustion, moins de polluants atmosphériques que le diesel classique. C'est ce que montre une études comme celle-ci, qui est biaisée car ne comparant que la phase d'utilisation des carburants. Il manque la phase de production. C'est utile pour comparer les rejets atmosphérique, mais ce n'est pas une analyse du cycle de vie comme prétendu.
Et le biodiesel de source agricole a des impacts importants car il requière beaucoup d'espace ainsi que des engrais. À titre de comparaison, en France, pour remplacer tous les carburants dérivés du pétrole par du biodiesel, il faudrait 604.000km2 de soja, la France ne fait que 550.000km2 de superficie (pour plus d'informations sur les biodiesel en général, se référer au site Manicore)
D'ailleurs, une telle analyse montre également que ce n'est pas la phase de consommation qui a pas le plus gros impact, mais bien celle de production ; qu'il s'agisse du diesel ou du biodiesel.
À titre personnel, j'en tire une conclusion claire et simple : la réduction à la source. Bien qu'il ne soit jamais bon de vouloir caser des grands principes, il faut comprendre que la première chose à faire quand on veut limiter des impacts environnementaux, c'est réduire. Oui, il existe toujours des technologiques, des méthodes qui donnent l'impression d'avoir un impact moindre. Mais souvent (pas toujours), ce n'est qu'une impression, le mal est déplacé ailleurs, sous une autre forme. La réduction, elle, est quasiment toujours garante d'une amélioration environnementale.
En environnement, il faut se méfier des apparences. Parler de carburant vert est trompeur. Parler de ressources renouvelables l'est également. Imaginer un système comme un tout, à la façon de l'analyse du cycle de vie est un premier pas pour mieux comprendre la gestion environnementale.
Note : je vais faire un ou deux autres articles sur le sujet en détaillant notamment les faiblesses d'une analyse du cycle de vie, ce que je ne fais pas ici pour ne pas alourdir.
| Imprimer | Articlé publié par hoedic le 07 Jan. 06 |









le 16/01/2006
Bonjour,
Je ne connais pas très bien le principe du biodiesel mais 2 mots dans votre article m'interpellent :
- soja : pourquoi encore lui ? Est-ce la plante ma plus rentable ? Trangénique ou pas ?
- engrais : on va pas s'en sortir si on pretend faire du carburant bio avec des pesticides !
Du coup, est-ce que votre étude peut être valide ? Aucun de mes amis n'accepterait de se faire avoir comme ça. Vous comprenez ?
Par ailleurs, connaissez-vous d'autres carburants compatibles avec la motorisation des automobiles ? Parce que le remplacement de tout le parc pourrait être également un obstacle environnemental à une technologie non pulluante.
Je plaisante un peu mais pas tant car je connais beaucoup d'opposés aux champs d'éoliennes qui se plaignent du bruit que ne font certes pas les centrales nucléaires...
Bon courage pour vos recherches.
Cordialement
Sophie Daniel
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le 29/01/2006
> - soja : pourquoi encore lui ?
Simplement parce que c'était un élément imposé de ma recherche :) J'ai cependant regardé quelques alternatives : beaucoup d'autres solutions (colza, etc.) ont un rendement à l'hectare assez proche (et c'est un des critères prédominant pour la production du biodiesel). D'autres alternatives comme l'huile de palmier sont plus productives mais doivent se faire sur des terres riches qu'il est important de préservé... D'autres possibilités sont à évaluer dans le futur comme des algues très productives (d'origine transgénique il me semble, toutefois je ne suis pas certain) mais c'est au stade du développement pour le moment.
> engrais : on va pas s'en sortir si on pretend faire du carburant bio avec des pesticides !
On ne parle pas de faire du carburant bio mais du biocarburant, ce n'est pas pareil ;) L'alternative biocaruburant bio (sans engrais) a également été analysée. Certes on gagne sur les impacts liés aux pesticides, mais on perd quant au territoire utilisé (car il faut plus de territoire pour produire la même quantité)
> Du coup, est-ce que votre étude peut être valide ?
Ça, c'est toute la question des analyses de cycle de vie. Je devais faire un article sur le sujet à la suite de celui-ci, mais je suis parti en vacances loin de tout ordinateur dans l'entre-temps.. Restez à l'écoute et prochainement j'expliquerai pourquoi une analyse du cycle de vie (et bon nombre des analyses publiées) doivent être considérées avec précaution. Oui elle est valide, dans le cadre des hypothèses formulées (utilisation du soja, règles d'imputation, etc.). C'est assez rébarbatif, mais ces études n'ont aucun sens si on n'est pas en mesure de comprendre quelles sont les hypothèses.... et à mes yeux ses études font parties des outils indispensables pour faire des choix éclairés.
> Je plaisante un peu mais pas tant car je connais beaucoup d'opposés aux champs d'éoliennes qui se plaignent du bruit que ne font certes pas les centrales nucléaires...
C'est une des choses que je veux montrer avec cet exemple clairement documenté : il ne faut pas toujours se fier au bon sens et il faut faire attention aux exemples fallacieux. Je ne suis pas pour ou contre le biodiesel ; je pense que c'est une alternative intéressante mais qui ne peut être vue comme un remplacement complet du pétrole. Mais en tant qu'alternative elle mérite d'être creusée, notamment pour trouver des axes de développements pour une production non (ou peu) polluante.
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le 01/02/2006
Je vais être provocateur, mais moi, je suis carrément contre le Biodiesel.
Entendons nous bien, je suis un chaud partisan de faire fonctionner un moteur Diésel avec un carburant issu de filières végétales, mais pas de Biodiesel. En effet, tous les calculs montrent qu'il serait impossible de produire assez de matière végétale (même en couvrant toute la surface agricole disponible en France) pour faire fonctionner tous les véhicules avec des biocarburants.
Si on reste donc, en ce qui concerne le Diésel à 10 ou 20% de carburant végétal dans le gazole, il suffit d'utiliser de l'huile végétale pure (colza ou tournesol) telle quelle, plutôt que du bio Diésel produit, pour le plus grand profit de groupes industriels (peut être Total...), dans des usines grosses consommatrices d'énergie et sans doute plus ou moins polluantes.
Ma voiture fonctionne ainsi, à ma grande satisfaction. L'économie n'est pas bien grande, mais là n'est pas le problème.
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le 07/04/2006
juste une precision qui me semble importante a ce stabe de la discussion.
d'une part il n'a jamais etait evoqué la possibilité de remplacer tout le carburant francais par des biocarburants, d'une part parcque c'est impossible en terme de surface agricole, mais d'autre part parceque les biocarburants font parti des energies renouvelables et sont a ce titre une des nombreuses solutions a conjuguer pour reduire notre dependance aux produits petroliers.
et pour partir sur les huiles vegetales, le bilan energetiques est certe tres interessant, mais elles sont pour l'instant globalement inadaptées aux motorisations en vigueur. Je vous deconseille dond de les utiliser dans votre moteur à moins de posseder un ancien diesiel ou un moteur dit "rustique" type tracteur.
bonne chance à tous les masters et autres memoires...
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le 27/01/2007
Insulaires - Biodiesel et diesel : " Note préliminaire : je republie ici un article écrit dernièrement sur Quotidien durable."
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